Avant toute opération des yeux, il est essentiel de s’accorder un temps de réflexion après avoir prix connaissance des risques encourus et des renseignements nécessaires pour cette chirurgie. L’ophtalmologiste doit remettre au future patient toutes les informations relatives à l’opération. Après lecture de ce document, le patient doit signer une décharge ou une autorisation d’opérer avant l’intervention.

La chirurgie réfractive qui vise à affranchir en partie ou en totalité une personne affectée de trouble visuel, de la dépendance aux lunettes ou aux lentilles de contact, constitue actuellement l’acte chirurgical le plus pratiqué. Il est vrai qu’il y a eu une très grande avancée dans le domaine tant sur la performance des outils et matériels que sur les qualités de la prestation. Il en est de même pour l’environnement chirurgical.

Préambules avant une opération des yeux

Actuellement, selon les publications faites, les informations communiquées dans les forums, les résultats obtenus, techniques et expertises des spécialistes allant de pair, satisfont à un nombre très élevé des personnes opérées. Et cela s’avère une réalité, que le trouble touchant les yeux soit isolé (astigmatisme, ou myopie ou hypermétropie ou presbytie) ou qu’il soit mixte (hypermétropie-astigmatisme, etc.), que son degré soit faible, moyen ou fort. En chirurgie réfractive, les lasers dominent l’essentiel de la base des techniques et la cornée de l’œil est le principal centre d’intérêt. Toutefois, malgré ces caractères plus que rassurants de la chirurgie réfractive, malgré la conscience professionnelle et l’expertise des intervenants, elle reste une opération pour laquelle le risque zéro n’existe pas.

Par ailleurs comme il est question d’organes délicats que sont les yeux, il est naturel qu’on ressente de l’appréhension à la pensée qu’on va les triturer. C’est pourquoi, en plus des motivations qui doivent être sérieuses, des examens complets confirmant qu’on est opérable, il est important de se donner du temps pour réfléchir avant de franchir le pas. Si on est réaliste, parler à ses proches, s’informer auprès de plusieurs spécialistes, participer à des forums dédiés au sujet ne feront que du bien, d’autant plus qu’une telle opération constitue rarement une urgence. C’est de cette façon qu’on peut bien assimiler ce qu’on doit affronter pour accepter et suivre avec sérénité, tout ce qu’on doit faire après le verdict quel qu’il soit. Enfin, la chirurgie réfractive ne constitue pas une obligation. Elle doit être le choix d’un patient, fait en toute connaissance de cause.

Les techniques d’avant-garde actuelles et les possibilités qu’elles offrent

En chirurgie réfractive de la cornée, de nombreuses techniques sont employées, mais deux sortent du lot : la technique se faisant en surface, le PKR et la technique se faisant en profondeur, le Lasik tout laser. La raison est que tous les deux utilisent le laser excimer pour remodeler la cornée afin de changer sa courbure pour que l’image se projette sur la rétine. Or, les avancées technologiques apportées à ce laser ces dernières années et selon les études faites lui permettent d’assurer une qualité de vision optimisée, une stabilité accrue de résultats dans le temps, et des effets secondaires très réduits. À ces deux techniques s’accompagnent des variantes plus récentes dignes d’être signalées, mais qui n’ont pas encore assez de recul pour qu’on puisse juger les résultats dans le temps avec certitude.

Les techniques

Le PKR, avec délivrance du laser excimer sur la couche superficielle du stroma après pelage de l’épithélium (avec une brosse). L’épithélium régénère après quelques jours en dessous d’une lentille de protection.

Le Trans-PKR, est une variante du PKR, car la technique opératoire est la même, quant à l’action du laser excimer. La différence réside dans le fait que c’est le laser excimer qui va vaporiser l’épithélium pour qu’il puisse atteindre le stroma et le remodeler par photo ablation. Ainsi, l’acte chirurgical se fait à distance avec un seul laser.

Le Lasik tout laser, avec délivrance du laser excimer dans l’épaisseur de la cornée après découpe et soulèvement d’un volet cornéen relié à la cornée par une charnière. Celui-ci sera remis en place après l’intervention.

Le Smile est une technique qui commence à avoir sa place dans le domaine de la chirurgie réfractive. Comme le Lasik l’intervention se réalise dans la profondeur de la cornée. Par contre, le seul laser utilisé est le laser femtoseconde et il n’y a pas découpe d’un capot dans la cornée. On retire une lenticule taillée par le laser femtoseconde, séparée des tissus voisins, grâce à une incision de 4 mm (en forme de sourire), pratiquée en périphérie.

Les possibilités qu’elles offrent

Le PKR a un recul de 30 ans, Le Lasik standard de 25 ans, tout laser de près de 20 ans, le Trans-PKR  peut bénéficier de celui du PKR, le Smile (et Relex Smile) ont déjà obtenu le marquage CE.

Les techniques de surface sont à privilégier pour les défauts visuels (myopie, hypermétropie et astigmatisme) ne dépassant pas 4 dioptries. Jusqu’à 6 dioptries pour l’hypermétropie et l’astigmatisme et jusqu’à 12 dioptries pour la myopie, on préconise le Lasik tout laser.

Du fait de l’absence de découpe d’un volet cornéen, les techniques de surface sont reconnues pour être simples, peu invasives, peu exposées aux complications et par conséquent de prix moins élevé. La sécurité opératoire est maximale pour le Trans-PKR.

La récupération visuelle est rapide pour le Lasik. Elle est constatée le lendemain pour le Lasik contre 2 j pour le Smile, 3 à 4 j pour le Trans-PKR et 1 semaine pour le PKR.

Les suites opératoires sont les plus confortables pour le Smile, ensuite pour le Lasik.

En revanche, la douleur per opératoire est nulle pour le Trans-PKR (pas de contact avec l’œil) et très faible pour le PKR.

Alors que le Lasik et le Trans-PKR sont les techniques de correction de la presbytie, le Smile, pour le moment, ne traite que la myopie et l’astigmatisme.

Ainsi, en termes d’importance et de nature des troubles, c’est le Lasik qui permet la plus grande marge de manœuvre et est de retouche aisée. Pratiquée par un chirurgien entraîné avec des lasers de dernières générations, cette technique assure aux patients près de 95 % de taux de satisfaction.

À propos de lasers, il y a 22 références de lasers, commercialisées en France. Selon la dernière publication, on répartorie 59 lasers femtoseconde et 141 lasers excimer, dans les établissements de santé.

Les effets secondaires et les complications rares, mais à ne pas écarter

On estime à 0,3 % à 1 % les complications per opératoire des opérations des yeux au laser et de 1 à 2 % celles qui sont post-opératoires. Avec les lasers actuels, ces chiffres tendent à diminuer. Par ailleurs avec le bilan-préopératoires strict, les risques et les effets secondaires sont dans la majorité de cas prévisibles et les solutions déjà préconisées. Toutefois, il importe d’en prendre connaissance avant l’opération des yeux.

Ce qui suit n’est qu’à titre informatif, les données précises et les explications appartiennent aux spécialistes.

Risques, effets secondaires et complications spécifiques au lasik

Il y a :

  • Les risques liés à l’opération, qui peuvent être des trous dans le volet cornéen ou la rupture de la charnière reliant le volet à la cornée, l’anneau de succion qui lâche ou qui provoque un accroissement de la pression intra-oculaire (sujet à système vasculaire fragile, car en mauvais état).
  • Les risques post-opératoires liés au capot (devenus rares avec le laser femtoseconde) comme, les plis sous le capot, l’invasion épithéliale, les infections. Il y a également la sécheresse oculaire, etc.
  • Le risque post-opératoire le plus grave, mais très rare est l’ectasie cornéenne conséquence d’un kératocône non décelé avant l’opération des yeux (le kératocône est une contre-indication stricte au lasik).

Risques, effets secondaires et complications spécifiques au PKR

On peut citer entre autres :

  • Le retard de la cicatrisation lié à l’enlèvement de l’épithélium.
  • Le haze cornéen (brouillard), le changement sur la sensibilité aux contrastes, etc.
  • Une possibilité de récidive de Kératite herpétique, un risque assez grave (la présence d’une kératite herpétique constitue une contre-indication au laser de surface).

Avant une opération des yeux : les risques communs

Ce sont :

  • Les sur-corrections ou les sous-corrections, les éblouissements et halos, la réduction de l’acuité visuelle, etc.
  • Le laser femtoseconde peut provoquer l’apparition de bulles opaques et très rarement des micro-bulles pouvant pénétrer dans la chambre antérieure et le laser excimer, la sécheresse lacrymale.

Ce qu’on doit savoir, avant toute opération des yeux

Le signe du professionnalisme d’un chirurgien peut se refléter par le nombre d’interventions annuelles qu’il pratique (au moins 200 cas) et le sérieux et la régularité de sa profession, par le fait qu’il effectue les examens dans son cabinet.

Une grande partie de la réussite de l’opération engage la responsabilité du chirurgien. C’est pourquoi il ne néglige aucun des tests à faire, s’informe sur les antécédents ophtalmologiques (personnel ou familial) du patient, explique la technique appropriée. Avant une opération des yeux, il lui remet une fiche d’informations sur les risques et effets secondaires et fait signer une lettre de consentement au patient. Et surtout il lui donne une période de réflexion.

À titre indicatif, selon la technique choisie et le degré du trouble, l’intervention des deux yeux se chiffre entre 1 500 et 3 000 €.

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