Opération sur la myopie : les techniques de correction chirurgicales

Plusieurs techniques d’opération de la myopie existent : le Lasik, la PKR, le Smile ou Small Incision Lenticule Extraction. Avant d’aborder le sujet, faisons un tour d’horizon de ce défaut visuel. Dans le domaine de la santé, plus particulièrement, celle des yeux, la myopie constitue une préoccupation mondiale. Elle est même perçue comme une épidémie dans certains pays développés d’Asie où la prévalence est très élevée (à Séoul, ce taux atteint 96 % pour les personnes de 19 ans). Non seulement, cette anomalie visuelle touche une frange importante de la population, mais elle progresse d’année en année et touche de plus en plus les jeunes, plus précisément les adolescents vivant dans les zones urbaines. À ce propos, les chiffres sont éloquents et la tendance vérifiée, que ce soit de résultats sortis des études faites par les experts ou de ceux des opticiens basés sur la vente des verres correcteurs.

Et encore, à partir des chiffres auxquels s’ajoute l’analyse de la progression du phénomène tous les 10 ans, recueillis depuis l’année 92 où l’évolution de la myopie a commencé à être très significative, il en ressort qu’en 2050 la moitié de la population mondiale sera myope. Près de 10 % d’entre eux seront touchés de forte myopie. Cependant, les recherches sur les solutions à ce phénomène ont déjà commencé depuis pas mal d’années et les données actuelles ne font que motiver encore plus, les entités concernées à renforcer et à améliorer les acquis et à continuer de plus belle sur la lancée.

Les recherches sur les causes de la myopie ne cessent pas d’avancer et les techniques correctives, de se multiplier et d’évoluer pour donner aux myopes différentes alternatives selon leur possibilité et l’importance de leur défaut. Ainsi, dans un pays développé comme la France, en termes de choix de correction, les lunettes et les lentilles sont reléguées au deuxième plan, tant les techniques chirurgicales disponibles s’effectuent avec une grande sécurité, peu de contraintes et de risques pour des résultats plus qu’excellents.

Opération de la myopie : préoccupation actuelle sur le lien entre mode de vie et myopie

Comme on vient de mentionner plus haut, c’est à partir de l’année 92 qu’on a remarqué une montée en flèche du nombre de myopes. Une hausse presque exponentielle qui continue jusqu’à maintenant et devenant de plus en plus marquée pour les jeunes. C’est aussi l’année du boom du high-tech informatique et du net, propulsant l’entrée dans la vie quotidienne des familles urbaines des pays développés. Les ordinateurs, les portables, les jeux vidéo, auxquels les jeunes et les moins jeunes sont devenus accros, etc.

Les enfants sortent de moins en moins à l’extérieur. Les activités sportives et récréatives en plein air sont de plus en plus remplacées par les jeux vidéo en salle, les séances de film et de dessins animés devant les télés, les conversations sur Facebook. Aux bureaux, comme partout où ils vont, les ordinateurs sont pour les adultes comme une deuxième peau. Des études sérieuses (Baromètre 2015) ont fait ressortir que les Français passent chaque jour près de 5 h 30 mm devant les écrans.

Les spécialistes se demandent même si la morphologie des yeux des enfants actuels commence à s’adapter à cette anomalie (adaptation à la vision de près).

Cet état de choses s’avère être un fait réel que ce soit pour les Américains, les Asiatiques, etc.  Pour ces derniers en tout cas, il semble que les caractères compliqués utilisés pour leur écriture y sont pour quelque chose.

Dans tous les cas, des études sont encore en cours sur les causes de la myopie et ses liens avec différents facteurs.

Toutefois, ce qu’on vient de mentionner ne constitue qu’un facteur de risque parmi tant d’autres. Néanmoins, il reste tout de même une préoccupation actuelle.

Mais qu’en est-il donc de ce problème de vision qui s’avère être le plus fréquent et comment le corriger ?

Définition de la myopie

Les myopes ont un œil trop long, autrement dit, une distance axiale (distance entre rétine et face antérieure de la cornée) plus grande (pouvant atteindre 30 mm pour les grands myopes) que l’œil normal (autour de 23 mm). On parle également d’un œil trop puissant optiquement parlant. La conséquence est que seule l’image d’un objet proche de l’œil se projette sur la rétine, sinon elle se focalise sur un plan situé en avant de celle-ci.

Ainsi, plus concrètement, le myope voit flou un objet éloigné et, net un objet proche.

La myopie n’est pas donc une maladie des yeux, mais un trouble oculaire dû à un défaut de réfraction.

Causes de la myopie

Dans des cas plus rares, la myopie provient du cristallin. Soit qu’il ne s’aplatisse pas assez pour la mise au point à cause d’un surplus de tension au niveau des muscles, soit, son indice de réfraction a augmenté à cause d’une cataracte (myopie d’indice).

Enfin, la prise de certains médicaments ou encore le diabète peuvent entraîner une myopie temporaire.

Catégorisation des myopes 

La dioptrie est l’unité utilisée pour quantifier un défaut visuel et correspond à la correction apportée par le verre correcteur. Elle est précédée d’un signe moins pour le myope. La dixième quantifie le caractère le plus petit, lu à une distance donnée. Elle caractérise l’acuité visuelle qui est de 10/10 pour une acuité normale ou bonne.

La catégorisation varie un peu selon l’appréciation du spécialiste, mais :

De -1 à -3 dioptries

La myopie est faible ou légère et un peu moins de 1/3 des myopes recensés appartiennent à cette catégorie.

De -3 à -6 dioptries

Elle est moyenne, pour un peu moins 2/3 des myopes recensés.

De -6 à plus -20 dioptries

Elle est forte à très forte, pour un peu plus de 4 % des myopes récencés.

De -6 à -15 dioptries

La myopie est forte, au-delà où elle est très forte. Et ce n’est plus un trouble, mais une maladie dégénérative.

Évolution et symptômes visibles 

La myopie, sauf dans le cas d’une myopie néo-natale touchant le bébé dès sa naissance, la myopie apparaît autour de l’âge de 9 ans. En effet, c’est à cet âge que l’œil a fini sa croissance. Elle évolue alors pour devenir stable autour de 24 ans.

Un enfant myope plisse les yeux ou fronce les sourcils quand il regarde au tableau. Il se rapproche très près de son cahier pour lire et écrire, ainsi il se plaint de fatigue visuelle en fin de journée. Il en est de même pour un adulte qui fronce les sourcils pour lire les panneaux de signalisation, par ailleurs, la myopie s’aggrave quand il y a moins de lumière.

Facteurs liés à la myopie et ses complications possibles

Les facteurs qui semblent liés à la myopie sont nombreux, mais on n’arrive pas encore à trouver d’explications pour bon nombre d’entre eux. Comme hypothèses plus ou moins acceptées, on a :

  • Les gènes. Les recherches continuent pour déterminer les gênes liées à la myopie.
  • L’environnement. Les facteurs environnementaux contribuent pour beaucoup à l’apparition et l’aggravation de la myopie. Il s’agit du mode de vie sédentaire observée pour les personnes de la zone urbaine de pays industrialisés et la sollicitation excessive de la vision de près par les technologies nouvelles (mentionnée plus haut). À ce propos, les études faites ont montré que la dopamine produite dans la rétine sous l’action de la lumière naturelle arrive à éviter ou à limiter l’allongement excessif de l’œil.

D’autres causes de la myopie

Comme autres liens soupçonnés et en cours d’études, il y a entre autres :

  • Le fait d’être un homme ou une femme.
  • L’âge de la mère (jeune ou âgée).
  • La saison de naissance de l’enfant (eté ou hiver).
  • Les années d’études et la durée de temps qu’on passe au travail, etc.

La myopie forte (supérieure à -8 D) fragilise l’œil et peut entraîner, entre autres, le décollement du vitré et de la rétine, une cataracte précoce, l’apparition du glaucome.

Si les lunettes et les lentilles ont été les solutions adoptées depuis des années pour corriger la myopie, il s’avère que :

  • Les lunettes deviennent plus lourdes et plus inesthétiques à mesure que le défaut avance.
  • Sur le long terme, les yeux ont du mal à se faire aux lentilles, bien qu’elles soient plus efficaces.

C’est ainsi que les myopes adoptent de plus en plus les solutions chirurgicales et dans certains cas ils en sont obligés (fortes myopies).

Opération de la myopie : correction de la myopie par la chirurgie

Deux catégories de techniques de chirurgie réfractive (concernant la cornée et le cristallin) sont disponibles pour la correction de la myopie. L’éligibilité à chacune d’elle est déterminée principalement par les résultats des examens effectués en bilan préopératoire. Il y a les techniques soustractives moins invasives, car intervenant sur la cornée et celles qui sont additives et plus agressives, car se faisant à globe ouvert. Sauf en cas de cataracte, la Sécurité Sociale ne rembourse pas ces chirurgies réfractives.

Les chirurgies réfractives de la cornée au laser

Si les chirurgies de surface comme la PKR ou l’Epilasik, sont des chirurgies légères, simples, très sécurisées et de coût modéré. Néanmoins, elles ne corrigent que les défauts moyens ne dépassant pas -6D. De plus, les suites opératoires sont douloureuses, la récupération visuelle assez longue. L’intéressé ne peut reprendre le travail le lendemain de l’opération, contrairement au Lasik. Toutefois, pour les mêmes indications, utilisant le même laser excimer pour effectuer la correction, elles donnent au bout de 6 mois les mêmes résultats que le Lasik en 3 mois. Ainsi, le Lasik reste de référence en termes de chirurgie de la cornée au laser.

Les résultats avec le Lasik

Le Lasik, se réalise en deux temps, en quelques minutes, en ambulatoire et avec des collyres anesthésiants. Il s’agit d’abord de la découpe d’une lamelle d’épaisseur comprise entre 90 et 160µ, à l’aide d’un micro kératome ou au laser femtoseconde, l’aplanissement de la cornée par photo ablation de la zone sphérique centrale, par le laser excimer suivi du repositionnement de la lamelle sans sutures.

La récupération visuelle dès le lendemain atteint plus de 75 %. La stabilisation progressive se fait au bout de 2 à 3 jours. Mais la vision définitive obtenue au troisième mois procure une correction totale (plus de port de lunettes ou de lentilles) à 98 % des cas. Actuellement, on peut corriger avec le Lasik  une myopie atteignant-12 D dans les conditions requises (cornée épaisse, de forme régulière, sans sécheresse oculaire préexistante). Le laser permet une correction personnalisée de défaut compliqué (isolé ou associé).

Les chirurgies réfractives avec implants

Si la myopie dépasse -12 D ou si le Lasik est contre-indiqué, le patient peut opter pour les implants. Pour des défauts de myopie pouvant atteindre -30 D ou plus. Il y a :

  • Les implants phakes (le cristallin est laissé en place), de la chambre intérieure (Artiflex et Artisan), peu utilisés à cause de leur proximité avec la cornée et les Implants phakes de la chambre postérieure ou ICL, la technique la plus prisée par les chirurgiens. Les chirurgiens les recommandent aux myopes de 35 à 50 ans et des défauts allant jusqu’à plus de -30 D. L’opération se fait tout au plus en 20 mn en ambulatoire et anesthésie topique au collyre. Les résultats sont excellents et stables à condition de respecter un contrôle annuel. Ils ont l’avantage d’être réversibles.
  • Le remplacement du cristallin clair par une lentille. L’opération est identique à celle de la cataracte et convient pour un myope dépassant la cinquantaine. C’est une opération sûre, qui en plus, vous soustrait à une éventuelle opération ultérieure de la cataracte. Le résultat est supérieur à celle que l’on obtiendrait avec une lentille. Par ailleurs, on note une amélioration de la vision nocturne. Son inconvénient consiste à supprimer l’accommodation résiduelle.
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