La conduite et la vision

A la conduite, en dehors des capacités cognitives et motrices, la vision est le sens le plus sollicité. Pour les autres catégories de personnes, des aides sont disponibles pour les aider à bien voir. Mais pour un candidat au permis de conduire, son acuité visuelle doit impérativement être compatible avec la conduite. Sans minimiser les diverses capacités sensorielles, motrices, intellectuelles, qu’exige la conduite, la vision est indéniablement la principale source d’informations pour la conduite. En effet, les informations nécessaires proviennent de l’œil à 90 %. Une vision déficitaire expose à la fois, le conducteur, ses proches  et les usagers de la route, à un danger probable. Sans parler des pertes matérielles qui peuvent s’en suivre.

D’après les statistiques, plus de 15 % des accidents de la route ont pour cause des problèmes de vision. Pour cette raison, il est parfaitement compréhensible que la loi exige un seuil de capacité visuelle pour la délivrance d’un permis de conduire. C’est d’ailleurs tout à fait légitime. Bien que la « bonne vision » ou la « vision normale » soit une notion assez difficile à définir, il existe des critères quantifiables pour la caractériser.

Conduite et vision : les critères définissant la vision

Plusieurs critères et notions sont utilisés pour caractériser la qualité de la vision. Certains d’entre eux entrent dans les conditions d’obtention et de maintien du permis de conduire. D’autres non, sans n’être pour autant moins importants. Il s’agit de l’acuité visuelle, du champ visuel, de la vision centrale, périphérique et binoculaire. Mais outre cela, on doit aussi tenir compte de la sensibilité aux contrastes, de la vision de couleur et de la vision du relief. Ces deux derniers critères n’entrent pas dans les conditions d’éligibilité à la conduite de véhicule.

L’acuité visuelle

L’acuité visuelle n’est autre que le pouvoir séparateur de l’œil. Si elle est bonne, le sujet est capable de discerner deux objets situés au loin et à une distance très proche l’un de l’autre. Associée à la vision centrale, elle se mesure en « dixième » et à une bonne vision (ne nécessitant pas de correction) correspond une acuité visuelle de 10/10. Un adolescent de 15 ans peut présenter une acuité visuelle maximale de 14/10. Cette acuité visuelle diminue avec l’âge (à partir de 45 ans).

Pour tester l’acuité visuelle de chaque œil, l’ophtalmologiste utilise par exemple la lecture de lettres de différentes tailles, sur fond noir et blanc à une distance de 4 à 5 m.

La vision centrale permet la perception la plus nette d’un objet dont l’image est projetée au centre de la rétine, appelée fovéa. À la vision centrale s’associe toujours la vision périphérique où l’objet sera perçu de plus en plus flou aux limites (c’est parce qu’on s’éloigne de plus en plus de la fovéa).

Le champ visuel

En fixant un point devant soi, toute zone de l’espace qu’on arrive à percevoir de part et d’autre, de haut en bas s’appelle « champ visuel ». Pour une personne normale et pour chaque œil, latéralement ce champ visuel couvre, une surface contenue dans 90 ° environ. Il couvre environ 70 ° en bas et 60 ° en haut. La superposition de deux surfaces visuelles des deux yeux donne le champ visuel binoculaire auquel correspond la vision binoculaire. Dans ce cas, les deux yeux sont impressionnés en même temps et l’objet sera vu en 3D. La vision centrale sur une surface de 2 ° environ permet de voir net un objet éloigné. Pour le vison périphérique latéral, un seul œil sera impressionné et la vision est plus ou moins imprécise. Actuellement, le champ visuel automatisé permet de mesurer l’étendue du champ visuel.

La sensibilité aux contrastes

C’est la capacité de l’œil à discerner un objet en faible contraste avec ce qui l’entoure. C’est le cas d’un objet de couleur grise sur un fond noir, par exemple. Cette notion est en liaison étroite avec l’acuité visuelle. En toute évidence, le discernement devient plus difficile en faible luminosité. C’est pourquoi le test de sensibilité au contraste se réalise sous des lumières d’intensités différentes.

Le plus souvent, le contraste s’exprime en %, si bien qu’un contraste très élevé soit de 98 % et un contraste faible de 3 %.

La vision du relief

On peut la tester avec des techniques de cartes dites Lang I ou II. La vision de relief a son importance dans la perception d’objets proche et devient négligeable dès que la distance de l’objet dépasse deux mètres.

La vision de couleur

La déficience de la vision de couleur ou la confusion de couleurs vient de l’altération de certains types de cône de la rétine. Nous devons à ces cônes notre vision de couleur (daltonisme). Il concerne plus d’hommes (8 %) que de femmes (0,3 %).

Vision et conduite : les maladies oculaires contre-indiquées à la conduite et le code de la route ( arrêté du 31/8/10)

Certaines maladies lèsent les capacités visuelles essentielles à la conduite. Ce sont entre autres une bonne acuité visuelle, le champ visuel, la sensibilité aux contrastes surtout en vision nocturne. Les personnes qui en sont affectées sont en principe déclarées inaptes à conduire et ne peuvent normalement pas avoir accès à un permis de conduire. Il s’agit de la DMLA, du glaucome et de la cataracte, qui sont tous liés à l’âge. Une maladie dégénérative liée au gène s’y ajoute comme la rétinopathie pigmentaire. Ces maladies peuvent toutes aboutir à une cécité.

  • La DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge) se manifeste en général à partir de 50 ans. Elle handicape la personne atteinte dans sa vision centrale. Cela se traduit par des lésions au niveau du centre de la rétine, la macula.
  • Le glaucome, une maladie insidieuse évoluant sur plusieurs années et dont l’effet est le rétrécissement du champ visuel périphérique de façon irréversible. Les premiers signes apparaissent en général à partir de 40 ans
  • La cataracte a pour origine l’opacification progressive du cristallin, pour ne plus laisser passer la lumière à un stade avancé et la personne atteinte ne voit quasiment plus rien.
  • La rétinopathie pigmentaire est une autre maladie évoluant lentement et se traduit par une atteinte de la vision périphérique et une malvoyance nocturne.

L’impact de la vision des personnes âgées à la conduite

À noter que pour les personnes âgées des problèmes non pathologiques comme la résistance à l’éblouissement, le temps pour réagir, peuvent les perturber pendant la conduite. Il leur faut donc davantage de vigilance. Par ailleurs, il faut se connaître et renoncer à conduire dès l’appréhension du moindre malaise. Un bon point pour elles cependant : les statistiques avancent que peu d’accidents sont imputés aux personnes âgées.

Vision et conduite : code de la route, permis de conduire et quelques mesures à observer pour une conduite en sécurité

Le Code de la route, pour les véhicules légers, requiert une acuité visuelle minimum de 5/10. Si un œil a une acuité de 1/10, l’autre doit nécessairement disposer d’une acuité égale au moins à 5/10. Au cas où ce critère ne serait pas satisfait, la personne doit porter nécessairement un dispositif de correction. Quant au champ visuel, il doit être satisfaisant. Autrement dit, un champ visuel horizontal non inférieur à 120 °, latérale gauche et droite non inférieure à 50 ° chacun, et vertical (vers le haut ou vers le bas) non inférieur à 20 °.

Pour les véhicules lourds, l’acuité visuelle minimum est de 8/10 pour un œil et de 5/10 pour l’autre.

Les quelques chiffres suivants, issus des statistiques, sont bons à savoir. Ils peuvent servir de base de réflexion si on aspire à une conduite plus sûre et une circulation routière mieux sécurisée.

Le nombre de conducteurs possédant un permis B est évalué à 40 000 000. Or, 20 % d’entre eux présentent un défaut de vision, non ou mal corrigé. 1000 000 présentent une acuité visuelle inférieure à 5/10.

Plus de 60 % de Français ne sont pas au courant de l’acuité visuelle minimum requise aux candidats au permis de conduire.

Plus de 30 % de conducteurs porteurs de lunettes ne les portent pas lors de la conduite.

Enfin, tout conducteur, surtout non professionnel, doit se persuader que la conduite est une tâche sérieuse. Elle est de plus régie par des lois et être au volant l’engage dans une responsabilité citoyenne. S’exercer à avoir de meilleures habitudes visuelles au volant aide dans ce sens. Il s’agit de voir large, loin et vite ou bien de voir la nuit. Mais à part cela, il vaut également veiller à toujours conduire avec vigilance et un réflexe au top. Le véhicule doit toujours être en bon état, assurant une visibilité maximale.

Tout ce qu’on vient de dire est également valable pour un motard.

Fermer le menu