Correction de l’hypermétropie forte par implant intraoculaire

L’implant intraoculaire est une technique pour traiter l’hypermétropie. Ce trouble oculaire, comme la myopie, et l’astigmatisme, est une anomalie de la vision dont les signes sont plus ou moins perceptibles selon qu’elle est faible (0 à + 2,5 dioptries), moyenne (2,5 à 5, 5 dioptries) ou forte (+6 dioptries et plus). L’hypermétropie peut atteindre l’œil à tout âge. Si elle est faible, les signes dont une vision de près perturbée et une vision de loin correcte, passent inaperçus. C’est ainsi qu’autour de 33 ans que la vue de près chute. Cela perturbe la personne affectée, comme si la presbytie arrive trop vite accompagnée, un peu plus tard de la baisse de la vue de loin. C’est pourquoi, par rapport aux myopes ayant vécu le trouble assez longtemps pour s’en accommoder, beaucoup d’hypermétropes demandent d’être opérés à partir de la quarantaine.

Par ailleurs, pour de nombreux enfants, l’hypermétropie physiologique est quasi-naturelle et disparaît vers la dixième année. Pour certains d’entre eux, chez qui elle est forte, elle ne s’estompe pas, mais son évolution reste stable. Pour eux aussi, l’opération est envisageable à partir de 18 ans. L’opération de l’hypermétropie se fait au niveau de la cornée par du Lasik 100 % laser, mais au-delà d’une correction supérieure à + 6 dioptries, cette technique est insuffisante. En effet, elle demande une zone de correction plus grande, une épaisseur de cornée plus importante pour offrir la surface nécessaire à la délivrance de tirs laser au nombre élevé. Ce qui constitue des impératifs impossibles pour ce que dispose la cornée. Il faut alors recourir à l’implant intraoculaire.

L’hypermétropie et le couplet cornée/cristallin

À une cornée pas assez cambrée ou une distance axiale (corné-rétine) insuffisante, caractéristiques de l’œil hypermétrope, correspond une image focalisée derrière la rétine et qui est perçue plus ou moins floue. Pour la rendre nette, le cristallin doit la ramener sur la rétine par l’accommodation. L’effort à fournir par le cristallin est de  plus en plus important à mesure que l’hypermétropie est légère, moyenne ou forte et que l’objet soit loin ou près. C’est ainsi que les signes ne sont pas perçus chez l’enfant ou avant trente ans, car le cristallin est assez vigilant pour accommoder plus ou moins facilement. À l’approche de la presbytie, le cristallin qui vieillit devient de plus en plus rigide et parallèlement, accommoder lui devient de plus en plus difficile.

Les lunettes et les lentilles de contact constituent des solutions efficaces, mais pour des hypermétropes forts, en plus d’être inconfortables elles sont inesthétiques sinon reviennent cher. Ainsi, la chirurgie reste la meilleure alternative, d’autant plus qu’à l’approche de la cinquantaine la presbytie va y rajouter son lot de désagréments. D’ailleurs, des complications sont à craindre pour les hypermétropies fortes ou très fortes.

L’implant intraoculaire pour corriger l’hypermétropie forte

L’implant intraoculaire contre l’hypermétropie concerne le cristallin. Ce dernier est un organe transparent et élastique par la capsule antérieure et postérieure qui l’enveloppe. Situé en arrière de l’iris et de la pupille, en avant du vitré et en contact avec l’humeur aqueuse, il est composé au centre par un noyau entouré du cortex.

Phake se dit d’un œil avec cristallin normal, aphake, sans cristallin et pseudophake, avec un cristallin artificiel.

La technique et son déroulement

À la différence des implants utilisés, le déroulement de l’acte chirurgical ressemble à celui de la myopie. Autrement dit, il consiste à :

  • Instiller des collyres permettant de dilater la pupille puis des collyres anesthésiants dans l’œil quelques instants avant l’opération.
  • Pratiquer des incisions, actuellement de très petits diamètres (2 mm).
  • fragmenter une partie ou tout le cristallin puis à aspirer les débris par ultrasons (technique de phacoémulsification), tout en veillant à laisser en place la capsule postérieure.
  • injecter l’implant, actuellement souples et pliables sur la capsule postérieure.
  • pratiquer ou non des points de suture.

L’opération se fait en général en ambulatoire, est sans douleur et dure tout au plus 15 mn. Les suites opératoires sont assez confortables, avec tout juste quelques gênes pendant la demi-journée qui suit l’opération. La récupération visuelle est rapide, une amélioration nette de la vision est constatée au bout deux jours. Un traitement médical composé principalement de collyres antibiotiques est préconisé. Par la suite, un contrôle annuel est nécessaire.

Les implants

Les implants utilisés sont ceux à dioptries positives de préférence de dernières générations. En effet, ceux-ci sont souples et conçus à partir des matières parfaitement tolérés par l’œil. De ce fait, les larges incisions et les points de suture ne sont plus nécessaires.

En cas de coexistence de cataracte, le cristallin est à remplacer complètement par un implant. On aura donc un œil pseudophake. La puissance dioptrique de l’implant est calculée à partir de la correction nécessaire à l’hypermétropie existante.

Les hypermétropes presbytes peuvent opter pour les implants multifocaux et particulièrement ceux qui sont progressifs.

Enfin pour une hypermétropie associée à l’astigmatisme, un implant de forme torique est indiqué.

Dans tous les cas, l’implant donne des résultats durables et une vision binoculaire favorable. Néanmoins, il faut respecter certaines conditions comme d’éviter des chocs et des mouvements violents.

Lentille intraoculaire ou implants phakes

Quand l’utilisation du laser pour la correction de l’hypermétropie n’est pas possible ou peut recourir aux lentilles intraoculaires ou implants phakes.

Cette opération qui se fait en ambulatoire consiste à implanter la lentille en arrière de l’iris. Il s’agit de l’implant phaque ICL, et qui se fait au moyen d’une micro-incision. La pose de cette lentille permet à un hypermétrope même fort de voir net.

Cet acte chirurgical au cours duquel on n’a rien enlevé à l’œil est un acte additif donc réversible. Le risque est quasi nul, mais un contrôle annuel est indiqué.

À noter que l’implant phake n’est pas indiqué pour le traitement de la presbytie.

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