L’examen de fond d’œil

L’ophtalmologiste réalise l’examen de fond d’œil en plusieurs étapes. A quoi sert-il et comment se déroule sa réalisation ? Le bilan préopératoire revêt une grande importance en chirurgie des yeux dans la mesure où une quelconque négligence de la part du praticien peut coûter très cher au patient. Dans le pronostic le plus mauvais, celui-ci risque la perte d’un œil ou au mieux ne retrouve plus son acuité visuelle d’avant l’opération. C’est l’ensemble des différents tests préconisés par le praticien avant l’opération qui permettent de minimiser les risques et les complications et d’optimiser le résultat.

Aucun d’eux n’est négligeable, entre autres, l’examen du fond d’œil. Celui-ci permet d’observer l’état de la rétine, qui avec la cornée et le cristallin constituent les éléments fondamentaux du système de la vision. Par ailleurs, le diagnostic doit être le plus précis possible, mais pas approximatif, d’autant plus qu’à chaque patient correspond un œil unique. Pour effectuer un examen de fond d’œil, on ne doit pas porter de lentilles, ni se maquiller, ni conduire, et si possible on doit se faire accompagner.

L’examen de fond d’œil : en quoi consiste-t-il ?

Le fond d’œil comportant principalement la rétine et la base du nerf optique, est observable à partir de la pupille qui selon la technique utilisée sera dilatée ou non. La rétine trouve son importance dans le fait que c’est sur sa couche la plus externe, composée de cellules photo-réceptrices (en cônes et bâtonnets), que sont reçues et imprimées les informations visuelles. Ces dernières seront transmises au cerveau, sous forme d’influx nerveux, par le nerf optique, à partir de la papille, d’où l’intérêt également de celle-ci.

Ainsi, les éléments qui feront l’objet des observations sont :

  • La rétine colorée uniformément de rose orangée si elle est saine.
  • Sa partie centrale qui est la macula et qui a un diamètre de 1,5 mm si elle est normale. Sans oublier la partie périphérique qui ne doit pas s’amincir.
  • La papille, lieu de départ du nerf optique, qui a la forme d’un disque de couleur virant au jaune avec au centre, une petite dépression. Normalement, le diamètre de la papille est de 1,5 mm et celui de la dépression ne doit pas dépasser sa moitié.
  • Les artères et les veines de la rétine. En temps normal, les premières sont plus petites tandis que les secondes sont sinueuses et de couleur sombre.

Examen de fond d’œil : ses objectifs

À partir de changement de caractéristiques détectées sur ces éléments lors de l’examen du fond d’œil, on peut déceler les atteintes de la rétine (décollement, hémorragie, œdème de la papille ou de la macula, occlusions des veines et artères, myopie) ou des problèmes comme la diabète ou l’hypertension artérielle. Ainsi, on sera en mesure de :

  • Suivre les évolutions des maladies.
  • Adapter le traitement.
  • Connaître si elles vont constituer des contre-indications à une technique chirurgicale des yeux.

L’examen de fond d’œil se fait à tout âge de façon indolore, tout au plus en 5 mn si la pupille ne subit pas de dilatation. Ça sera environ 30 mn dans le cas contraire. En cas de problèmes de la rétine, on doit réaliser l’examen de fond d’œil tous les ans, sinon tous les 5 ans par exemple pour les personnes d’âges compris entre 15 et 40 ans et tous les ans au-delà de 65 ans.

Les différentes techniques et appareils utilisés

L’examen de fond d’œil se réalise selon trois méthodes en fonction des antécédents oculaires du patient. Il peut s’agir de :

  • L’utilisation d’un ophtalmoscope directement comme source de lumière qui éclaire le fond d’œil et permet au praticien de l’examiner. Cette pratique est simple, se fait sans contact avec l’œil, sans dilatation de la pupille, mais ne donne pas d’image en relief.
  • L’utilisation d’une lentille convexe et puissante située entre le patient et le praticien. L’image renversée de la rétine est formée sur la lentille. Le praticien utilise un ophtalmoscope binoculaire placé au front comme source de lumière. Cette pratique tout en étant sans contact avec l’œil, permet un champ de vision large et une image en relief.
  • L’utilisation d’un biomicroscope dit aussi lampe à fentes ainsi qu’une lentille simple ou verre de Volk. La lampe à fentes constitue la source de lumière et le microscope, le support pour l’observation. L’image de la rétine est formée sur la lentille, tenue entre le microscope et l’œil du patient.
  • L’utilisation du même appareil (lampe à fentes) et d’une lentille dotée de miroirs appelée aussi verre à trois miroirs. L’ophtalmologue la pose directement sur l’œil.
  • Dans le premier cas (lampe à fente et lentille simple), il n’y a pas contact avec l’œil. Il vaut mieux ne pas dilater la pupille. En revanche, pour le second cas il est nécessaire d’insensibiliser la cornée avec un collyre anesthésiant. Cela implique aussi de dilater la pupille avec un collyre dilatateur (mydriatique). Le plus pratique serait de le mélanger avec le premier. Le mydriatique est à utiliser avec précaution. En effet, il ne convient pas à un patient inconscient ou présentant un angle iris-cornée étroit.
  • Les techniques utilisant la lampe à fentes permettent une analyse détaillée et fine du fond d’œil et une image intégrale et en relief de la rétine.

À noter que compléter l’analyse par une rétinographie est parfois nécessaire. Cela permet de détecter les lésions dues au diabète sur la rétine.

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