La fatigue visuelle

La fatigue visuelle se traduit par une baisse d’acuité ou un déséquilibre binoculaire, entrainant un dédoublement d’images ou une perception visuelle floue. Quand une personne ressent de la fatigue visuelle, elle a souvent l’impression de ne plus être aussi performante tant sur le plan visuel qu’intellectuel. Appelée aussi asthénopie ou fatigue oculaire, la fatigue visuelle désigne l’ensemble des gènes et des symptômes liés à la vision en général. La fatigue visuelle est difficilement définie de façon circonscrite, étant donné qu’elle peut se présenter sous des aspects très variés. En raison de cette complexité, on est confronté à des controverses quant aux appellations et aux définitions de l’asthénopie.

À cet effet, y a alors la fatigue visuelle qui se traduit par une diminution de la performance oculaire et intellectuelle au travail. Cette réduction n’est pas nécessairement un affaiblissement de l’acuité visuelle, mais peut aussi être une instabilité binoculaire comme une vision de flous par exemple. La fatigue visuelle est très souvent liée à un trouble ophtalmique sous-jacent. D’un autre côté, il y a la fatigue oculaire qui prend souvent forme d’irritation, de picotement, etc. Elle est relative à une réduction de la sécrétion lacrymale due à un prolongement de l’utilisation des yeux comme devant des écrans. Néanmoins, quelle qu’en soit la forme, l’asthénopie se caractérise toujours par des troubles de la fonction visuelle ou des inconforts visuels. De façon à démêler les ambiguïtés, les paragraphes suivants tentent d’apporter plus d’éclairage sur l’asthénopie.

Les principales variantes de la fatigue visuelle

Dans la plupart des cas, on distingue deux grandes variantes de la fatigue visuelle ou asthénopie. Il y a l’asthénopie musculaire et l’asthénopie accommodative. Ces deux variantes sont plus ou moins liées, l’une pouvant entraîner l’autre et inversement.

L’asthénopie musculaire

L’asthénopie musculaire est une variété de la fatigue visuelle liée à une sollicitation prolongée et soutenue du pouvoir accommodatif de l’œil. Pour voir nettement les objets, l’effort visuel doit être augmenté pour pouvoir adapter la puissance optique à la distance de l’objet observé. Cet effort est ainsi de plus en plus important lorsque l’œil fixe longuement un objet comme lorsqu’on lit, on coud, on regarde une émission, etc. Lorsque l’accommodation est trop intense, la vision commence à se brouiller, car les muscles ciliaires se fatiguent, puis les muscles orbiculaires et les muscles frontaux. C’est ainsi que l’individu commence à sentir une gène au niveau du globe oculaire d’abord, au niveau des paupières ensuite et au niveau du front enfin.

Dans ce contexte, l’individu ressent une oppression oculaire, a des maux de tête, éprouve une somnolence, perd la concentration, se sent faible et peut aller jusqu’à une dépression.

L’asthénopie accommodative

Comme son nom l’indique, il s’agit de la difficulté voire l’incapacité à maintenir un effort d’accommodation constant et intensif. Ce qui est, à la différence de l’asthénopie musculaire, étroitement liée à la vision de près. L’asthénopie accommodative est ainsi associée à une anomalie réfractive due à un mauvais traitement ou l’inexistence de traitement. L’asthénopie accommodative concerne ainsi les individus présentant des défauts de réfraction comme les hypermétropes, les myopes, les astigmates ou les presbytes. À cet effet, les personnes atteintes d’asthénopie accommodative éprouvent une vision brouillée, des douleurs et de sècheresse oculaire pouvant aller jusqu’à des troubles digestifs et nerveux.

Toutefois, la fatigue intervient et se manifeste différemment selon le cas de l’individu. Dans le cas d’hypermétropie peu avancée, l’individu ne perçoit quasiment les troubles que lorsqu’il s’agit d’un long travail de près, sous un éclairage déficient ou quand il est intellectuellement et/ou physiquement fatigué. Pour le myope, les premiers signes de fatigue visuelle apparaissent aussi après un long travail de près, mais l’asthénopie accommodative concerne surtout la myopie mal corrigée. Chez l’astigmate, l’asthénopie accommodative peut considérablement varier, dans le sens où l’individu effectue des efforts pour l’ajustement des axes de façon permanente. La fatigue peut ainsi se présenter qu’il s’agisse de la vision de près ou de loin, du moment que les yeux travaillent de façon prolongée. Il en est de même pour la presbytie, lorsque la distance entre les yeux et l’objet fixé n’est pas compatible à la correction destinée à la vision de près.

Fatigue visuelle : les symptômes de l’asthénopie

Comme l’asthénopie musculaire et l’asthénopie accommodative sont étroitement liées, les sensations perçues semblent parfois similaires pour les deux cas. Il faut toutefois savoir que l’asthénopie est, dans la majorité des cas, un signe révélateur d’une anomalie ou d’une maladie des yeux.

Les symptômes communs

Qu’il s’agisse d’asthénopie musculaire ou accommodative, les fatigues visuelles sont toujours liées aux efforts d’accommodation et à la durée de travail. Les deux variantes de l’asthénopie peuvent présenter des traits communs quant aux gênes ressenties. Sans être exhaustif, car cela peut varier d’un individu à un autre, les signes précurseurs de l’asthénopie peuvent être :

  • Des troubles visuels ressentis après un long travail à vision de près et parfois à vision de loin, ou en fin de journée. Ces troubles peuvent être une sensation de lourdeur, une tension oculaire, une sécheresse oculaire, etc., mais peuvent aussi être des symptômes liés à l’acuité comme les visions de flous.
  • Des maux de tête et des douleurs oculaires qui font suite à un long moment de travail et qui se dissipent ou s’estompent à l’arrêt du travail. Les maux de tête peuvent évoluer en vertige et/ou nausées si le travail n’est pas interrompu.
  • Un affaiblissement des aptitudes intellectuelle et psychique au cours du travail. Dans ce cas, l’individu ressent une diminution de sa capacité de concentration voire même une incapacité à réfléchir, le conduisant également à un état de nervosité notable.
  • Un état de stress et un affaiblissement physique qui sont des syndromes d’une fatigue générale. Cette fatigue se caractérise par un trouble neurologique, qui peut être accompagné de malaises musculaires et articulaires comme des douleurs dorsales, cervicales, articulaires, etc.

Les symptômes distinctifs

Quoi qu’il en soit, voici quelques symptômes qui devront permettre de distinguer la fatigue musculaire de la fatigue accommodative. Le plus grand trait distinctif des deux cas étant que l’asthénopie musculaire est surtout déterminée par des troubles physiologiques. L’asthénopie accommodative se caractérise surtout par des symptômes se répercutant sur l’acuité.

Ainsi, pour l’asthénopie musculaire, les symptômes peuvent être :

  • Une irritation de l’œil qui peut être une rougeur et/ou un picotement et/ou des douleurs oculaires.
  • Une sècheresse oculaire ou inversement un larmoiement excessif.
  • Un clignement insuffisant si la fréquence normale est de 15 à 20 fois par minute.

L’asthénopie accomodative

En ce qui concerne l’asthénopie accommodative, les symptômes peuvent être :

  • Une diminution de la capacité à distinguer les contrastes.
  • Une vulnérabilité aux lumières.
  • Une vision dédoublée.
  • Une altération de l’acuité visuelle.
  • Un rétrécissement du champ visuel.

Causes de la fatigue visuelle

De même que pour les symptômes, les causes de l’asthénopie musculaire et l’asthénopie accommodative ne sont pas nécessairement les mêmes. Pour généraliser, leur cause commune reste la trop grande sollicitation des yeux, surtout en vision de près.

Les causes communes

Comme annoncé précédemment, une asthénopie est le résultat d’une trop importante sollicitation de la vision de près et de la vision de loin dans certains cas, quelle que soit la variante. Comme tous les autres membres du corps, lorsque l’œil est contraint de fixer un objet trop longtemps, les muscles oculaires se fatiguent.

Par ailleurs, en plus du facteur « durée d’utilisation des yeux », d’autres facteurs peuvent entraîner la fatigue visuelle comme :

  • Une luminosité inappropriée avec un trop grand éclairage ou l’inverse.
  • Une exposition fréquente à la lumière bleue.
  • Une soumission à des conditions particulières demandant une grande concentration visuelle.
  • Une conduite d’engin ou d’automobile à longue durée.
  • Etc.

Les causes propres à l’asthénopie accommodative

En plus des causes qu’elle peut avoir en commun avec l’asthénopie musculaire, l’asthénopie accommodative est le plus souvent occasionnée par d’autres facteurs.

D’abord, il y a l’existence d’un défaut de réfraction sous-jacent, qui n’est pas corrigé. C’est la cause la plus fréquente de l’asthénopie accommodative, car dans de nombreux cas, la personne concernée ne se doute pas de l’existence du trouble. Les cas les plus fréquemment rencontrés concernent les presbytes, les hypermétropes, les myopes et les astigmates.

Ensuite, il y a l’inadéquation des corrections visuelles aux troubles. Dans certains cas, la correction du défaut visuel par des lentilles ou des lunettes ne conviennent plus ou peu. Il faut noter qu’il arrive souvent que les troubles évoluent, positivement ou négativement. Dans ces cas, même si les correcteurs aient été adéquats au début, ils peuvent ne plus l’être au bout d’un certain temps.

Enfin, plusieurs cas de maladie de l’œil peuvent être à l’origine d’une asthénopie accommodative comme la cataracte, le glaucome, la DLMA, la rétinite pigmentaire, le décollement de la rétine ou les diverses infections de l’œil comme la conjonctivite.

Fatigue visuelle : les attitudes à adopter pour l’éviter

Comme tout autre organe du corps, il existe plusieurs solutions pour éviter la fatigue. Le plus important est de savoir adopter les bonnes attitudes. Voici donc quelques conduites à adopter pour prévenir l’asthénopie, qu’il s’agisse d’une asthénopie musculaire ou accommodative :

  • S’assurer de l’existence ou non d’un trouble visuel, car comme expliqué précédemment, les personnes présentant des défauts visuels sont plus vulnérables à l’asthénopie.
  • Vérifier de manière systématique les correcteurs le cas échéant afin de garantir qu’ils sont adaptés.
  • Essayer de connaître son état général, car une personne fatiguée est plus encline à l’asthénopie.
  • Se doter d’équipements appropriés comme des verres antireflets, anti-UV, etc., en cas d’exposition fréquente à des rayonnements agressifs.
  • Effectuer des pauses d’une fréquence et d’une durée minimale de 5 minutes par heure.
  • Procéder à des gymnastiques oculaires en réalisant des mouvements horizontaux, verticaux et en forme de cercles avec les yeux, des clignements fréquents, etc.

D’autres mesures efficaces contre la fatigue visuelle

  • Faire en sorte que l’éclairage du poste de travail ne permet pas à l’écran de réfléchir directement la lumière vers les yeux en utilisant par exemple des stores ou en plaçant l’écran de manière perpendiculaire à la source d’éclairage.
  • Nettoyer les écrans de manière à éviter les reflets parasites et utiliser, dans la mesure du possible des écrans antireflets.
  • Respecter une distance de 70 à 80 cm entre les yeux et l’écran et faire en sorte que les yeux et l’écran soient de même niveau.
  • Veuille à lire ou regarder des documents à caractères aisément lisibles : polices simples, espacements raisonnables, contrastes adéquats, etc.
  • Profiter de l’environnement naturel en évitant les endroits confinés et/ou climatisés pour limiter la sècheresse oculaire.
  • Faire des exercices physiques simples au cours de la journée pour améliorer l’oxygénation du corps et de tous les organes qui le compose, dont les yeux.
  • Etc.

Pour finir, toutes ces précautions doivent s’accompagner d’une bonne hygiène de vie. C’est principal garant d’une bonne vision et d’une santé oculaire optimale.

Les mesures à prendre pour soulager la fatigue visuelle

Même si les astuces qui s’offrent pour éviter la fatigue des yeux sont nombreuses, il arrive que certaines circonstances ne permettent pas de les respecter. Cette situation est d’autant plus vrai pour les personnes souffrant de troubles oculaires. Il s’agit principalement de défauts de réfraction.

Dans ce contexte, il est toujours nécessaire de connaître les moyens efficaces pour limiter ou du moins soulager les gênes. Ces derniers représentent ou accompagnent les symptômes de l’asthénopie. Les quelques solutions des paragraphes ci-après peuvent alors aider dans cette optique.

  • Utiliser des larmes artificielles pour éviter le syndrome de l’œil sec, qui est un facteur très favorable à l’asthénopie, tant musculaire que accommodative.
  • Savoir utiliser les produits naturels comme le concombre, le thé vert, la pomme de terre, la camomille. Ils sont efficaces pour traiter l’inflammation des yeux. Il suffit de les réfrigérer et d’en déposer quelque temps sur les yeux fatigués en veillant à bien les fermer.
  • Prendre des compléments alimentaires qui aident à renforcer l’immunité et accroître les capacités de chaque organe du corps, dont les yeux. Les compléments peuvent être des vitamines, des minéraux, etc. À défaut de compléments, il suffit de prendre des aliments à haute valeur nutritive comme les fruits, les légumes, les œufs, les produits laitiers, etc.

Recommandations spéciales pour les personnes souffrant de troubles visuels

Pour les personnes présentant des troubles visuels, les spécialistes recommandent de :

  • Procéder à une rééducation orthoptique. C’est un ensemble d’exercices destinés à entraîner les yeux pour rendre les muscles oculaires plus résistants et renforcer leurs capacités de convergence.
  • S’approprier des lunettes ou de lentilles adéquates selon qu’on soit hypermétrope, astigmate, myope, etc. Les verres unifocaux réclament des attentions particulières. Il est souvent indispensable d’utiliser des lunettes ou des lentilles spécifiques pour la vision de près et pour la vision de loin.
  • Utiliser des verres progressifs qui sont plus pratiques. Mais il faut aussi veiller à changer de lunettes selon les besoins. Il faut toutefois noter que le champ horizontal qu’offrent ces verres est toutefois limité. Pour un poste de travail fixe, il existe alors les verres intermédiaires, qui permettent d’accroître la largeur du champ selon le besoin. Ce seront ainsi des verres élaborés aux exigences propres du poste de travail.
  • Recourir aux collyres décontractants. Il y en a qui lubrifient, défatiguent, ou humidifient les yeux selon les besoins.
  • Se doter de verres antifatigues qui sont dotés de système de rééquilibrage de l’accommodation des yeux.

Pour s’assurer que les solutions s’adaptent aux problèmes auxquels le sujet fait face, la meilleure option est toujours de s’adresser à un spécialiste. Il est le plus apte à préconiser une série de solutions selon la spécificité des cas.

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