Perception visuelle : les phénomènes pouvant modifier l’aspect réel de ce qu’on voit

La partie du cerveau impliquée dans la vision est en liaison permanente avec les différentes autres parties, traitant le langage, l’émotion, la mémoire, etc., pouvant impacter sur la perception visuelle. Celle-ci induit près d’un tiers du cerveau. D’où le fait également que 60%  des personnes atteintes d’une lésion cérébrale sont confrontés à un trouble de l’analyse visuelle. L’importance de la vue dans chaque aspect de notre vie de tous les jours n’est plus à démontrer. En collaboration étroite et permanente avec notre cerveau qui se charge de traiter le message visuel reçu, notre vision nous fournit toutes les informations sur notre environnement. Cependant, il semble parfois que notre vue nous joue des tours et nous hésitons à donner, de façon précise, des noms ou du sens à ce que nous voyons, même si notre œil ne présente aucun trouble et n’est atteint d’aucune maladie.

C’est par exemple le cas de l’illusion d’optique. Par ailleurs, un daltonien arrive à vivre, à travailler exactement comme tout le monde, même s’il ne voit pas la couleur de certains objets de la même façon que les autres. C’est parce que ses yeux sont normaux du point de vue réfraction, formation d’image, analyse et interprétation des perceptions visuelles par le cerveau. Cet article essaie de donner un peu plus d’informations sur ces phénomènes visuels particuliers.

Perception visuelle : collaboration entre œil et cerveau

La lumière réfléchie par l’objet entre par la cornée, subit une première réfraction, traverse l’humeur aqueuse, passe par la pupille selon la quantité requise, et selon la distance, sera de nouveau plus ou moins réfractée par le cristallin pour arriver enfin sur la rétine, après avoir passé dans l’humeur vitrée. L’image obtenue sur la rétine est petite et renversée par rapport à l’objet.

Les messages visuels sont générés au niveau de la rétine grâce aux photorécepteurs qui sont les cônes et les bâtonnets. Les cônes concentrés au centre (macula et fovéa où il n’y a que de cônes) se raréfient vers la périphérie et c’est l’inverse pour les bâtonnets.

Les cônes sont sensibles aux détails, dont les formes et les couleurs, tandis que les bâtonnets le sont beaucoup plus à la lumière et aux mouvements. L’énergie lumineuse absorbée par les cônes et les bâtonnets est transformée grâce à leurs pigments en énergie électrique. Avec une stimulation suffisante, il y a formation de messages nerveux au niveau des neurones bipolaires des cônes et des bâtonnets. Ensuite, les neurones ganglionnaires du nerf optique, prolongements des neurones bipolaires de la rétine se chargent de véhiculer les messages jusqu’au cerveau où certaines régions sont conçues pour les traiter.

Il s’agit du cortex visuel primaire (formé par les deux aires visuelles de deux hémisphères du cerveau) ainsi que diverses aires spécifiques. Le cortex visuel primaire reçoit les informations visuelles de deux yeux (l’œil droit est relié à l’aire visuelle gauche et inversement). Quant aux aires visuelles spécialisées, chacune d’elles, et en même temps, traite soit les formes, soit les couleurs, soit les mouvements. Ainsi, la mise en commun après échanges, de toutes les informations visuelles traitées en parallèle, donne la perception finale. De ce fait, ce qu’on voit c’est une conception faite par le cerveau à partir des éléments donnés par l’œil.

Perception visuelle : illusions d’optique et autres phénomènes pouvant changer la réalité visuelle

Illusions d’optique

Parfois, les interprétations des messages visuels faits par le cerveau peuvent comporter des ambiguïtés, voire d’erreurs. L’explication peut être :

  • D’un côté, une surcharge de stimulation des cônes et des bâtonnets peut en quelque sorte les fatiguer. Rendant le message nerveux plus ou moins confus.
  • D’un autre côté, le cerveau visuel est conçu pour traiter point par point et avec rigueur le message. Il lui arrive de donner un sens au message nerveux, même, inexact. Ainsi, des contrastes accrus, des perspectives amplifiées, des reliefs, des contours, des couleurs, etc., n’ayant pas d’existence réelle, peuvent être introduits dans la construction faite par le cerveau.

De ce fait, on peut voir un objet là où il n’y en a pas et la perception en ce sens peut être différente d’une personne à une autre.

Ce sont ces erreurs d’interprétation qui sont appelées « illusions d’optique »

Les illusions d’optique connues et répertoriées sont nombreuses et certaines sont même extraordinaires. Elles peuvent être des illusions d’optique géométrique ou artistique, à l’exemple de :

  • Vase ou deux visages.
  • Tête de lapin ou tête de canard.
  •  D’autres personnages dans le portrait peint d’Octavio Ocampo.
  • Des flèches de couleurs différentes qui indiquent tantôt la droite tantôt la gauche.

Perception visuelle : d’autres phénomènes pouvant impacter la réalité visuelle

En dehors des illusions d’optique, les mirages, le trompe œil, etc. peuvent modifier ce qu’on voit. Par ailleurs, le daltonien voit la couleur d’un objet différemment que la majorité de personnes

Les mirages, un autre type d’illusion d’optique

Le mirage est rendu célèbre par l’histoire de nomade assoiffé pendant la traversée du désert. Dans l’histoire, il croit subitement rencontrer une oasis (mirage) pour se désaltérer.

Le mirage donne, à ce que l’on croit voir, un aspect réel. En effet, dans un espace rempli d’air à différentes températures, les rayons lumineux se retrouvent déformés en traversant cet air. On a ainsi l’impression que l’aspect de ce qu’on regarde change. C’est ainsi qu’en plein été, des flaques d’eau semblent remplir la route goudronnée devant soi. Pourtant quand on s’en approche, il n’y a que le bitume. C’est que la température du bitume est beaucoup plus élevée que celui de l’air en dessus.

Le trompe l’œil

Un artiste le réalise pour donner à un tableau peint sur une surface plane l’aspect le plus réaliste possible. Il est souvent conçu afin d’impressionner l’observateur.

C’est par exemple le cas de l’église Gésu à Rome où les fresques peintes au plafond semblent en relief.

La confusion de couleurs

La confusion de couleurs perçues par le daltonien n’est cependant pas une illusion d’optique.

Le daltonisme héréditaire est une anomalie qui rend incapable de distinguer les couleurs verte et rouge. C’est parce que le type de cônes responsable de l’une de ces couleurs est altéré. De ce fait, le cerveau ne reçoit pas les informations y afférentes.

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