L’Inlay Kamra : un concept simple pour compenser la presbytie

Dans le monde, 2,1 milliards d’individus sont estimés être affectés par la presbytie, ce trouble naturel qui n’épargne personne en altérant sa vision de près. Elle handicape chaque année près de 700 000 Français atteignant la quarantaine, sans parler des 40 % environ qui le sont déjà. En effet, ces personnes rencontrent des difficultés dans la lecture de leur courrier, sur papier ou sur ordinateur, et cela empire de plus en plus jusqu’à 65 ans. Heureusement que cette marque de l’âge peut être corrigée, soit par le port de lunettes et de lentilles de contact, soit par chirurgie. À propos de cette dernière option, le nombre de patients qui s’en intéressent augmente de jour en jour. De leurs côtés, les spécialistes de l’œil font tout pour satisfaire la demande en offrant aux presbytes des techniques innovantes, performantes et personnalisées.

À toutes les demandes qui sont fonction de l’âge, de l’évolution du trouble, des spécificités de l’œil, des anomalies visuelles présentes en même temps que la presbytie, correspondent actuellement des solutions chirurgicales. À ce propos, non seulement l’Inlay Kamra est une technique basée sur un concept ancien, simple et connu (trou de serrure, fermeture de diaphragme d’un appareil photo), elle diffère des autres par son adaptabilité et sa réversibilité facile. C’est une qualité qu’on ne doit pas négliger devant les revers parfois non maîtrisables d’une opération.

La vision : la pupille irienne

Tous les éléments de l’œil, dont la pupille, contribuent de façon directe ou indirecte à parfaire les informations visuelles (images d’un objet) à transmettre au cerveau.

La pupille de l’œil, qui apparaît sous forme de disque sombre, n’est autre que l’orifice situé au centre de l’iris d’où l’appellation « pupille irienne ». C’est par elle que passe la lumière réfractée par la cornée et qui se dirige vers la rétine. De pourtour circulaire, la pupille a un diamètre variant de 2 mm à 8 mm, selon divers facteurs (intensité de la lumière, accommodation du cristallin, émotion, âge, etc.). Cette variation est possible grâce à deux muscles à effets contraires : le sphincter et le dilatateur. Le niveau de l’intensité de la lumière constitue le principal facteur de variation du diamètre de la pupille. Quand ce niveau (degré d’illumination) augmente, le diamètre diminue, dans le cas contraire, il augmente et ce phénomène de réflexe est en relation avec les cônes et les bâtonnets de la rétine.

En matière d’optique de l’œil, la pupille joue le rôle de diaphragme qui régule la quantité de lumière pénétrant dans l’œil.

Au cours de l’accommodation, en vision de près, le diamètre pupillaire se contracte, ce qui a pour conséquence l’augmentation de la profondeur du champ visuel, autrement dit une perception nette de l’image d’un objet rapproché.

Enfin, la pupille vue au travers de la cornée dite pupille d’entrée, permet avec un point de la cornée, de déterminer l’axe pupillaire, utilisé en chirurgie des yeux comme l’Intracor ou l’Inlay Kamra.

L’inlay kamra pour compenser la presbytie : caractéristiques de l’implant Kamra

L’implant Kamra a la forme d’un anneau minuscule d’épaisseur égale à 5µ, dont le diamètre intérieur est de 1,6 mm et le diamètre extérieur de 3, 8 mm. Fait de matière synthétique biocompatible, cette sorte de lentille de contact présente de nombreuses micro-perforations qui sont actuellement au nombre de 8400. Ces dernières servent à assurer l’oxygénation et l’approvisionnement de la cornée en nutriments. Le fonctionnement de l’implant Kamra  est simple. Il se base en fait sur le même principe que celui du diaphragme de l’objectif d’un appareil photo, à savoir l’augmentation de la profondeur du champ et l’obtention de clichés nets, en le « fermant ».

Le procédé Inlay Kamra a bénéficié du marquage CE en 2005. Parmi les 3 types d’Inlay qui existent, c’est l’Inlay Kamra qui a été conçu pour traiter la presbytie et plus de 4000 presbytes dans le monde en sont équipés, en sept ans. Les améliorations apportées aux implants Kamra actuels concernent la diminution de son épaisseur ainsi que l’augmentation du nombre de micro-perforations, accompagnée de leur meilleure répartition.

Opération de la presbytie utilisant l’Inlay Kamra

Le déroulement de l’opération est le même que pour le Lasik. Autrement dit, après l’instillation de collyre anesthésiant, elle commence par la découpe du capot cornéen (assez épais) au laser Femtoseconde. Suit la pose de l’implant Kamra  dans le stroma cornéen en veillant à son centrage parfait à la pupille. La dépose du capot, sans procéder à un pansement, clôt l’opération qui se fait en ambulatoire, est indolore et dure avec toute la procédure, une vingtaine de minutes.

Ainsi, en réduisant le diamètre de la pupille d’entrée à inférieur à 2 mm, le flou rétinien dû à la perte d’accommodation va diminuer et la vision sera nette.

Les résultats de l’opération préconisent une stabilité pendant cinq ans, de l’acuité visuelle obtenue pour la vision de près.

L’Inlay Kamra contre la presbytie : ses avantages et ses points faibles

La pose de l’implant permet aux presbytes d’avoir une bonne vision rapprochée sans lunettes, sans léser la vision de loin. En principe, il suffit d’opérer un seul œil pour la vision de près : l’œil dominé.

La cornée parvient très bien à tolérer la matière de conception de l’implant Kamra.

L’opération est peu invasive, car ne concerne que la cornée. De plus, l’implant est ajustable et il est possible de le retirer à tout instant.

L’opération des autres troubles (myopie, hypermétropie, astigmatisme) peut se faire en même temps (photo ablation de la courbure de la cornée par laser excimer, avant la pose de l’implant) que la pose de l’implant.

Avec sa couleur sombre, l’Implant Kamra placé en regard de la pupille, reste invisible et ne modifie en rien l’aspect de l’œil après l’opération.

Quoi qu’il en soit, la qualité du centrage conditionne en grande partie la réussite de la pose de l’implant.

Le point faible de l’implant Kamra réside dans la sécheresse oculaire survenant après l’opération et qui peut durer plusieurs semaines, nécessitant l’utilisation des larmes artificielles. Il est impératif de suivre le traitement pendant quelques mois, vu qu’il permet également de soulager les gênes pouvant être ressenties après l’opération (picotement, sensation de corps étrangers, etc.).

Fermer le menu