Parmi les troubles de la vision les plus courants, la myopie mérite qu’on en parle dans la mesure où certaines formes de myopie restent toujours handicapantes et qu’une correction est possible. Par ailleurs, la myopie touche actuellement plus de 29 % des Français et ce taux peut évoluer et augmenter d’ici quelques années. Qui n’a pas peur de perdre la vue et pour la même raison, n’a de l’appréhension dès qu’on touche délibérément à ses yeux ? Pourtant, si on a les yeux plus fragiles, car la vision présente de l’anomalie, et à plus forte raison une maladie pathologique, il est important d’en savoir un peu plus sur le sujet.

Ce qu’on doit savoir sur la myopie

Une personne myope voit un objet éloigné flou tandis qu’elle le voit parfaitement net  quand il est rapproché. La myopie peut être faible, moyenne et forte. À noter que la myopie forte, qui est toutefois rare, n’est plus ni un trouble ni un défaut optique, mais est classée parmi les maladies des yeux, c’est une « myopie maladie ».

La myopie en tant que trouble de la vision, s’explique, dans la majorité de cas, par une anomalie de la distance entre la cornée et la rétine. Plus précisément, l’œil myope est « trop long » comparé à l’œil normal (23 mm de long). Or, logiquement, l’image d’un objet qu’on regarde doit toujours se trouver sur la rétine pour être analysée de façon précise par le cerveau. En revanche, pour une personne myope, l’image d’un objet vu de loin est située, non pas sur la rétine, mais en avant d’elle. Celle-ci ne reçoit de ce fait que quelque chose de diffus. À noter que dans des cas plus rares, la vision de loin floue d’un myope vient d’une cornée excessivement bombée.

La myopie peut affecter une personne dès son plus jeune âge (de 6 à 8 ans) pour une stabilisation d’évolution vers 20 à 25. Cependant, ce n’est pas une règle stricte, elle peut apparaître plus tôt et se stabiliser plus tard. Chez l’enfant, le fait de plisser les yeux pour regarder un objet éloigné ou de rapprocher le cahier le plus près des yeux pour lire ou dessiner, sont entre autres des signes de la myopie. Quoi qu’il en soit, seul un ophtalmologue peut diagnostiquer une myopie et déterminer son niveau de façon précise.

Les causes de la myopie

Les causes et les origines de la myopie sont nombreuses. Elle peut avoir les gènes comme origine. À ce propos, des études ont été récemment réalisées pour appuyer cette thèse et à l’issue desquelles on a même pu identifier 24 nouveaux gènes pouvant accroître le risque de développement de la myopie (10 fois plus). En plus des facteurs génétiques, le sexe joue aussi un rôle. En effet, si on ne parle que de la France, le nombre de personnes de sexe féminin prédomine dans la population de myopes. Des facteurs environnementaux peuvent également favoriser ou non l’installation et l’évolution de la myopie. À cet effet, exposer la vue à la lumière naturelle (pas trop accrue en tout cas), pratiquer une activité sportive en plein air, éviter de passer trop de temps dans un endroit clos sont entre autres, autant de pratiques permettant de réduire la prévalence de la myopie.

Le facteur racial ou l’origine géographique est aussi détecté comme origine de la myopie, car d’après les études faites, le taux de prévalence de la myopie se révèle plus élevé pour les Asiatiques que pour les Européens. Par ailleurs, la grossesse, le diabète, la prise de certains médicaments, en fragilisant temporairement la résistance physique de la personne, la rendent plus vulnérable face à la myopie. D’autres éléments ou situations sont encore évoqués comme facteurs de risque au développement de la myopie chez une personne ou des groupes de personnes.

Ce qu’on peut faire pour réduire et résoudre les effets plus ou moins graves de la myopie

L’ophtalmologue ou ophtalmologiste est le seul en mesure de déterminer l’installation ou non de la myopie ainsi que son niveau de développement chez une personne. Il est à même de pouvoir proposer la solution adéquate et à répondre au souhait du concerné quant à la solution thérapeutique à prendre. C’est pourquoi il est important de se faire voir par ce spécialiste dès qu’on ressent des anomalies aussi minimes soient-elles. Et même si on ne ressent rien du tout, la consultation est toujours indiquée périodiquement. En effet, le trouble oculaire dont la myopie peut arriver par exemple avec l’âge ou le changement d’état physiologique (grossesse).

La myopie de niveau faible n’handicape pas trop la personne concernée sauf dans certaines situations à risques comme la conduite de voiture. Par contre, la myopie forte, étant une maladie évolutive, peut se compliquer, voire mener à la cécité si on ne prend pas à temps les mesures nécessaires émanant d’un ophtalmologue. Une des complications graves est sans doute le décollement de la rétine. Cette pathologie de l’œil apparue très précocement tout en évoluant de façon importante peut aussi dégénérer en glaucome, en cataracte ou provoquer une hémorragie de la zone centrale de la rétine appelée macula.

Correction myopie : comment la prévenir ?

Pour prévenir l’apparition de la myopie ou pour freiner son évolution, on peut suivre certaines règles de vie, comme conseiller aux enfants de ne pas rester trop longtemps devant un écran (ordinateur, télé, etc.) pour le compenser par des activités en plein air. Ne pas exposer les yeux du bébé à une lumière trop crue dès sa naissance, ne pas le familiariser la nuit avec la lumière d’une veilleuse, constituent également des règles de bonne conduite à observer. Si le travail exige l’utilisation en permanence de l’ordinateur, il est préférable de faire des courtes pauses périodiques et de regarder au loin de préférence au contact de lumière naturelle, etc.

La myopie en tant que trouble de la vision ne peut faire l’objet d’une éradication par un traitement. On peut cependant la corriger quand elle se stabilise. Après le test fait avec des lunettes d’essai par un ophtalmologue, il peut proposer des lunettes à verres concaves ou des lentilles de contact. Le but consiste alors à renvoyer l’image vers la rétine par la modification de son trajet. On peut opter pour une intervention chirurgicale si le port de lunettes en permanence peut gêner. La chirurgie au laser représente la seule option pour rectifier définitivement la courbure de la cornée. Quant à la myopie-maladie qui est évolutive, donc ne se stabilise pas, la consultation régulière chez un ophtalmologue ainsi que le suivi strict de ses prescriptions, constituent les seules règles à respecter.

Le témoignage d’un patient ayant subi une correction de la myopie

Un myope opéré partage avec le lecteur, ce qu’il a vécu : angoisse, stress, soulagement et bien-être, depuis son opération jusqu’à cinq années plus tard pour bilan.

Il a décidé à 32 ans de se faire opérer les yeux dont la courbure de la cornée est anormale. Le patient l’a décidé pour n’avoir plus à porter des lunettes en permanence et être plus libre dans ses mouvements. Il sera ainsi plus autonome dans les moments de jeux ou de détente avec sa famille (dans la piscine par exemple).

II est à noter au passage qu’il existe deux types d’opérations de la cornée : celle utilisant le laser excimer pour la myopie de niveau faible (son cas) ou tout au plus moyen et le Lasix  pour la myopie forte.

D’autre part, on peut opérer les deux yeux en même temps ou séparément à intervalle d’un mois, ce qui est son cas.

En première phase

Le chirurgien ophtalmologue lui a donné deux rendez-vous préopératoires. Le premier pour le contrôle de son état en général et celui de ses yeux, le second pour lui expliquer le protocole opératoire.

En deuxième phase :  correction myopie

Il y a l’opération proprement dite avec :

  • La préparation par l’infirmière avant l’intervention du chirurgien, consistant à mettre sur la tête du patient une charlotte et à ses pieds des sur-chaussures, le tout accompagné des gestes et de paroles visant à mettre le patient en confiance.
  • La mise de quelques gouttes d’anesthésique dans l’œil.
  • L’arrivée du chirurgien qui l’allonge pour mettre un écarte-paupière sur l’œil qu’il a à opérer. C’est cet instrument qui l’a surpris le plus, car il l’oblige à voir et à regarder alors qu’il ne s’y attendait pas et même ne le voulait pas. Le chirurgien lui prévient qu’il va gratter la cornée, que tout sera flou, mais qu’il n’a rien à craindre. Effectivement, tout se passe sans douleur, tout devient flou, mais pas du flou myope : « bizarre » est le mot qu’il trouve pour traduire ce qu’il ressent. Le médecin lui passe une sorte de pinceau sur l’œil pour l’hydrater et tout d’un coup la vue devient nette. Et puis c’est au tour du laser pour lequel il doit sans bouger du tout fixer un point rouge. L’opération au laser dure 32 secondes (correspondant à 4 coups de laser) au cours de laquelle on ne sent aucune douleur alors que le point rouge perd de plus en plus sa forme et son intensité. Le chirurgien met ensuite dans l’œil 3 gouttes de médicament avant d’y placer une lentille de contact à garder pour quelques jours. L’intervention s’achève ainsi. Au sortir de l’opération, si on met de côté les effets des émotions éprouvées, il se sent en forme et l’œil qu’on vient d’opérer voit déjà assez bien.

En troisième phase : la convalescence

Les moments les plus durs à supporter commencent 2h environ après l’opération. On a alors à endurer une migraine, ou une sensation de grain dans l’œil, des picotements qui font pleurer pendant la durée de la nuit, le tout couronné par un œil rougi. C’est à ce moment qu’on doit aussi commencer à verser dans l’œil les premières gouttes de collyre recommandé par le médecin.

Pour la semaine qui suit et ça peut durer jusqu’à quinze jours, l’œil opéré aura une vision de loin de plus en plus nette et celle de près de plus en plus floue. Ce qui donne une sensation étrange pour un myope. Ensuite, l’œil commence à aller de mieux en mieux.

En quatrième phase

La cicatrisation et la correction effective de la myopie.

La deuxième année suivant l’intervention, l’œil opéré se porte mieux, la netteté de la vision est stable au grand soulagement du patient qui ne porte plus ni lunettes ni lentilles de contact. La sécheresse de l’œil ressenti au cours de l’année qui suit l’opération, disparaît complètement. Le contrôle chez le médecin confirme l’état ressenti.

Cinq ans après, le bilan de l’œil fait par l’ophtalmologue donne des résultats, toujours satisfaisants. L’ex myope conclut que tout ce qu’il a dépensé pour son opération a constitué son meilleur investissement.

À noter que l’opération de son deuxième œil s’est passée beaucoup mieux que la première et il s’est rétabli beaucoup plus vite. En effet, il a tiré leçon de la première opération, notamment d’essayer de dormir pour laisser l’œil se reposer pendant la période où apparaissent et subsistent les effets les plus incommodants de l’opération.

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