L’orthokératologie, une technique agissant en douceur pour corriger une myopie moyenne

L’orthokératologie, est une technique douce venant en correction d’une myopie moyenne. De nombreux troubles, dont l’hypermétropie, l’astigmatisme, le strabisme, ou encore la myopie, peuvent affecter nos yeux. Parfois ils sont hérités, parfois ils apparaissent dès la naissance, parfois encore ils sont acquis pour apparaitre plus tard. Parmi ces troubles, c’est la myopie qui est le plus souvent propulsée devant la scène pour reléguer les autres derrière elle. Ce n’est pas parce qu’elle est la plus invalidante, mais c’est plutôt parce que c’est elle qui affecte le plus grand nombre de personnes dans le monde pour qu’on puisse ne pas s’en apercevoir. Ce nombre enregistre une croissance annuelle record depuis quelques années et cela à l’endroit des jeunes et des enfants pour qu’on ne puisse pas s’en alarmer.

Jugée par certains pays développés d’Asie de l’Est d’être une pandémie, c’est à elle que s’adresse et est testée en premier chaque technique de correction voire de traitement si le trouble est important. À ce propos, il y a les lunettes et les lentilles de contact qui sont des techniques anciennes, mais toujours d’actualité grâce à leur efficacité et leur accessibilité à la fois. Il y a encore la chirurgie peu invasive, sûre et éprouvée, qu’est celle de la cornée au laser. Il y a aussi la chirurgie des implants qui est la seule option en cas de défaut important. Depuis peu, une nouvelle technique non chirurgicale dénommée orthokératologie a été mise à jour pour être proposée aux myopes.

Orthokératologie : particularités de l’œil myope

Pour un œil sans défaut, la distance entre la face antérieure de la cornée et la rétine est entre 23 et 24 mm. Dans ces conditions, l’image de l’objet qu’on regarde est focalisée en un point de la rétine, grâce à la vergence de la cornée garantissant les 2/3 de la puissance optique. Celle du cristallin apporte les 1/3 restants, assurant ainsi la mise au point quelle que soit la distance. L’objet est ainsi, toujours perçu avec netteté. Toutes les informations concernant l’objet sont obtenues grâce à l’analyse par le cerveau des informations visuelles qui lui sont transmises par le nerf optique, partant de la rétine.

Par contre, pour un œil myope, la distance cornée/rétine est supérieure à 24 mm, et la différence est d’autant plus grande que le défaut est important. On parle alors d’œil trop long et d’un œil optiquement puissant. Plus précisément, la face antérieure centrale de la cornée est trop bombée. Par conséquent, les rayons réfléchis par un objet proche se rejoignent tous en un point de la rétine. En revanche, ceux venant d’un objet éloigné se focalisent en un point situé en avant de la rétine. Un myope voit donc très bien les objets situés près de lui et moins nettement ceux qui se trouvent au loin.

Toutes les techniques utilisées pour corriger la myopie visent donc à diminuer la puissance optique de l’œil. Les solutions additives, comme les verres correcteurs des lunettes et lentilles ainsi que les lentilles intraoculaires que sont les implants, sont conçues pour annuler la puissance supplémentaire par les dioptries négatives dont elles sont dotées. Les chirurgies réfractives au laser de la cornée, solutions soustractives, enlèvent une partie du centre de la cornée par vaporisation des tissus par laser afin de la rendre plus plate, donc moins puissante.

Orthokératologie ou ortho-K : définition, historique et principe de base

Comme les techniques énumérées ci-dessus, l’orthokératologie vise à réduire la puissance optique de l’œil myope en aplatissant la surface centrale de la cornée par son remodelage pendant le sommeil. C’est donc une solution n’intervenant pas de façon permanente et qui n’enlève aucun tissu à la cornée. L’action sur la cornée se fait à l’aide d’une lentille de contact, le plus souvent rigide ou parfois semi-rigide. Elle est légèrement plate au centre, à porter pendant la nuit et à enlever au réveil. L’effet escompté, un amincissement de la surface centrale de la cornée, se conserve toute la journée.

L’idée exploitée pour arriver à cette discipline n’est pas nouvelle, car déjà appliquée par les Chinois anciens, mais c’est au début des années 60 que les optométristes ont commencées à la pratiquer. Il a fallu attendre le début des années 90 pour que le concept soit bien maîtrisé (matériau, effet sur la cornée, etc.) La mise au point des lentilles plus faciles à utiliser et l’obtention des résultats plus probants sont effectives actuellement. Cela a été rendu possible grâce à l’avancée technologique dont le domaine de l’ophtalmologie a profité pour disposer par exemple des techniques modernes pour la topographie cornéenne. Déjà largement pratiquée aux États-Unis, pays pionnier, l’orhokératologie n’est entrée en France qu’au milieu des années 2000.

Orthokératologie : fonctionnement

La réduction de la surface centrale de la cornée, sous la pression de la lentille, s’explique, par le déplacement des cellules épithéliales vers un vide se trouvant en semi-périphérie (zone d’appui de la lentille). Autrement dit, il n’y a pas changement du stroma (pas de changement de courbure de l’endothélium). On assiste seulement à une nouvelle répartition des cellules de l’épithélium. Celles-ci reprendront petit à petit leur place initiale pour faire disparaitre l’amincissement quand le port de la lentille cesse définitivement.

Les lentilles ortho-K, sont conçues selon la forme de l’œil pour présenter une courbure plus plate que celle de la cornée. La correction escomptée se fait progressivement. À ce propos, une dioptrie s’obtient approximativement par un port de nuit en une semaine. Selon le résultat obtenu, le port peut se faire en une nuit sur deux. Une fois la vision attendue, retrouvée, le clinicien va en suite remplacer cette lentille par une autre, dite de « rétention ». Elle sert notamment au maintien de l’effet obtenu.

Indications et avantages

La lentille ortho-K est indiquée pour les myopies ne dépassant pas -5 dioptries. Et ce malgré le fait que des lentilles pouvant corriger une myopie atteignant -6 dioptries et un astigmatisme de 1,75 dioptrie commencent depuis peu à être disponibles.

Les lentilles d’ortho Tératologie, conviennent aux personnes ne pouvant pas porter de lentilles le jour. Ce sont à titre d’exemple celles pratiquant le sport dans l’eau ou un sport de combat.

Par ailleurs, l’avantage majeur des lentilles ortho-K, réside dans le fait d’être réversible et d’agir avec douceur et discrétion. De plus, leur port ne gêne pas le sommeil. Leur action s’avère très peu invasive par rapport aux chirurgies laser de la cornée. En outre, il est possible d’y avoir recours à tout âge. Il semble que c’est un moyen efficace pour freiner le développement de la myopie chez les jeunes.

Les contraintes

Toutefois, comme toute technique l’orthokératologie a ses points faibles. D’abord, cette technique ne s’adresse qu’à des yeux sains. Les lentilles sont à porter pendant 5 heures de sommeil si on veut obtenir un effet significatif. Les manipulations des lentilles exigent une hygiène rigoureuse pour éviter les infections. Au début de l’utilisation, on peut ressentir quelques gênes visuelles. Cela se manifeste surtout en halos autour des lumières, un éblouissement, etc. Ils ne peuvent s’estomper complètement. D’autre part, il faut parfois plusieurs essais et du temps pour s’en adapter. Ainsi, leur port nécessite un suivi impératif par un ophtalmologue.

Enfin, étant un acte de confort au même titre que la chirurgie réfractive de la cornée, la sécurité sociale ne rembourse pas l’opération d’orthokératologie. Cependant pour les deux modèles disponibles actuellement, le budget nécessaire pour réaliser cette technique reste inférieur comparé au coût d’une chirurgie réfractive de la cornée au laser (Lasik).

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