Principe et indications de l’examen de fond d’œil et techniques utilisées

L’examen de fond d’œil trouve son utilité dans le dépistage des pathologies visuelles. Les médecins le pratique également pour le suivi de certaines maladies tels que le diabète ou l’hypertension artérielle. L’ophtalmologiste s’assure que vous n’avez pas de dégénérescence maculaire liée à l’âge ou de glaucome etc… Pour les myopes dont on craint un décollement de la rétine à cause d’un amincissement de celle-ci, l’examen de fond d’œil est aussi indispensable. Contrairement à ce que bon nombre de personnes à tendance à croire, on ne peut pas diagnostiquer soi-même les problèmes oculaires. Cela est d’autant plus vrai quand il s’agit des maladies oculaires touchant les structures internes de l’œil.

En effet, les pathologies oculaires comme le glaucome touchant la rétine et le nerf optique ou la DMLA, lésant la macula par exemple, s’installent pendant des dizaines d’années sans qu’on s’en rende compte. Malheureusement, il est souvent trop tard! Ainsi, l’examen réalisé par le spécialiste de l’œil dont le fond d’œil n’est jamais à négliger. Dès qu’on soupçonne un problème oculaire, aussi peu significatif soit-il ou quand on atteint un certain âge. Le fond d’œil est indiqué pour bien d’autres raisons, mais en tout cas l’ophtalmologue le pratique pour un contrôle de routine de l’œil et il fait partie également des tests indiqués en bilan préopératoire en vue d’une chirurgie oculaire.

Examen de fond d’œil ou fond d’œil : les indications

En ophtalmologie, le fond d’œil est un examen visant à observer les structures de l’œil se trouvant derrière le cristallin. Les éléments ciblés sont :

  • Le corps vitré, formé à 98 % de l’eau, à consistance gélatineuse, et pour qui la vieillesse favorise la formation des corps flottants.
  • La rétine, membrane couvrant le fond de l’œil, sur laquelle s’imprime l’image renversée et réduite d’un objet grâce aux photorécepteurs captant la lumière. La rétine est normalement homogène et de couleur rose orangé.
  • La partie centrale de la rétine ou macula formée essentiellement de cônes, pour la vision fine et diurne (couleurs, détails) ainsi que de la périphérie composée principalement des bâtonnets, pour la vision nocturne.
  • La papille, partie de la rétine par où part le nerf optique. Ce dernier est chargé de transmettre les informations visuelles au cerveau pour l’analyser.
  • Les artères et les vaisseaux de la rétine.

D’autres indications

Ainsi, le fond d’œil est indiqué principalement en cas de suspicion de présence d’affections rétiniennes et du suivi de l’évolution du vieillissement du vitré. Il l’est aussi dans la détection de l’existence ou des impacts graves que peuvent entraîner certaines maladies sur ces éléments dont les vaisseaux et pour pouvoir, au besoin adapter le traitement. Il s’agit :

  • De la myopie forte pouvant amincir la partie périphérique de la rétine.
  • Du diabète (rétinopathie diabétique).
  • De l’hypertension artérielle ou intracrânienne (vaisseaux pouvant être obstrués, raides ou dilatés).

Comment se déroule un examen de fond d’œil ?

C’est un ophtalmologue qui se charge de l’opération, sans hospitalisation, sans douleur et en 2 h tout au plus (5 à 10 mn pour l’examen, et jusqu’à 45 mn en cas de dilatation de pupille). Évidemment, il utilise des outils optiques conçus pour cet effet. Le fond d’œil se fait sans ou avec dilatation de la pupille.

En cas de dilatation de pupille, l’ophtalmologiste utilise des gouttes ophtalmiques mydriatiques associées en général à des gouttes anesthésiantes. À ce propos, il est important d’informer le médecin si on est sujet à des allergies ou si on présente une hypertension intraoculaire, état contre-indiqué à l’utilisation des collyres mydriatiques.

Toujours en cas de dilatation de la pupille, le patient ne peut pas conduire après l’examen, car l’effet du produit administré (gênes visuelles, éblouissement) peut persister dans les 2 à 3 h suivantes (même plus selon le produit). Il lui est donc recommandé de se faire accompagner ou de rentrer par taxi et de prévoir des lunettes de soleil.

En cas de problèmes avérés affectant la rétine, le fond d’œil est à faire tous les ans, sinon tous les deux ans pour ceux touchés par des troubles courants comme la myopie ou l’hypermétropie. Enfin, le fond d’œil peut se faire à tout âge.

Examen de fond d’œil : les différentes techniques utilisées

Plusieurs techniques et outils sont à la disposition du spécialiste pour réaliser le fond d’œil. Ils diffèrent par la précision qu’ils permettent, mais aussi par la facilité de leur utilisation (utilisation accessible au simple médecin dans le cas de l’ophtalmoscopie directe, le résultat est toutefois à interpréter par un ophtalmologue). On peut classer les techniques en celles qui se font sans contact avec l’œil autrement dit ne nécessitant pas la dilatation de la pupille et en celles où la dilatation est nécessaire.

Les techniques sans contact avec l’œil

L’ophtalmoscope est l’appareil que l’on utilise comme source de lumière permettant d’observer la rétine. Le faisceau de lumière étroit qu’il envoie passe par la pupille et arrive à la rétine. Il est utilisé au cours de deux techniques qui sont, l’ophtalmoscopie directe et l’ophtalmoscopie indirecte dite aussi à image renversée.

À ces deux techniques, s’ajoute une autre, également sans contact avec l’œil, qui est la rétinographie.

C’est une technique simple, facile à manipuler, mais qui ne donne qu’un résultat superficiel sur un champ visuel réduit et une image rétinienne sans relief. À cet effet, l’ophtalmoscope binoculaire, par sa luminosité suffisante, arrive aisément à éclairer la rétine qui se présente à l’observateur sous la forme d’un disque de couleur rouge. Ainsi, la partie centrale de la rétine se prête à l’examen.

L’ophtalmoscopie indirecte ou ophtalmoscopie à image renversée

Cette technique diffère du premier par l’interposition d’une lentille tenue par l’examinateur, entre l’œil du patient et l’ophtalmoscope binoculaire fixé sur son front (celui de l’ophtalmologue). La lentille de puissance optique suffisante est convergente. Elle permet d’obtenir une image renversée sur un champ étendu, mais en relief de la rétine.

La rétinographie est une technique facile

La manipulation est accessible au médecin et à un orthoptiste, mais le résultat est à interpréter par un ophtalmologiste. En effet, contrairement à l’observation permise en ophtalmologie directe, les images numériques de la rétine centrale qu’on en obtient sont très précises et détaillées (de haute définition).

La technique avec contact avec l’œil, nécessitant la dilatation de la pupille

Cette technique utilise un biomicroscope ou lampe à fentes qui va servir de source lumineuse pour l’éclairage de l’intérieur de l’œil et en même temps de moyen d’observation.

Le praticien dilate la pupille du patient à l’aide d’un collyre mydriatique contenant le plus souvent des gouttes anesthésiques visant à insensibiliser la cornée. Ensuite, il applique une lentille, directement sur la cornée, grâce à un produit visqueux, prévu pour cet effet. Il indique au patient la direction que doit suivre son regard et lui demande de ne plus bouger l’œil. De cette façon, à travers le microscope, il peut étudier l’image complète (centrale et périphérique) de la rétine, formée sur la lentille. La lentille utilisée est une lentille spéciale équipée de miroirs. On l’appelle aussi verre de Goldman ou verres à trois miroirs (ce qui explique l’obtention d’une image à trois dimensions). C’est cette méthode qui permet la meilleure observation.

À noter que dans certains cas, le praticien utilise une lentille simple appelée lentille de Volk, tenue sans contact avec l’œil, entre le biomicroscope et l’œil du patient. Cette méthode ne demande pas la dilatation de la pupille.

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