Autour de la monovision
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Pour aboutir aux techniques actuelles, deux principes de base qui sont la monovision et la multifocalité, sont retenus et l’approche adoptée tient compte de tous les éléments qui font de la vision ce qu’elle est naturellement. La presbytie est un trouble naturel de la vue qui n’épargne personne en lésant sa vision de près. Ainsi, à partir de 40 ans ou plus, tout être humain commence à éprouver de la difficulté à lire, à écrire, à travailler sur ordinateur, à cuisiner, à coudre, à bricoler, etc. Bref, à cet âge, elle va déclencher un début de handicap dans la réalisation des travaux quotidiens, à la maison et au bureau. Et la gêne ressentie pour voir de près, ne va pas rester là, il va progresser pendant plus d’une vingtaine d’années avant de cesser d’évoluer.  Bien évidemment, ce sont les pays développés à population âgée qui sont les plus touchés.

Pour la France par exemple, près de 40 % de la population est actuellement presbyte. À cela s’ajoutent tous les ans, près de 700 000 nouveaux cas. Les lunettes et les lentilles de contact sont les solutions les plus accessibles et ont prouvé leur efficacité, mais ce ne sont pas des solutions permanentes. C’est ainsi que, sans négliger les solutions optiques existantes, les chercheurs de tous pays ont apporté, ces dernières années, des efforts considérables à la recherche des corrections pérennes, sûres et efficaces à la presbytie.

L’approche adoptée dans la recherche et les éléments pris en compte

Puisqu’il qu’il s’avère difficile, voire impossible à l’homme de restaurer la capacité mécanique acquise dès la naissance à un tissu ou un organe vieillissant, il lui reste à :

  • Améliorer l’état existant, en augmentant l’état naturel des yeux.
  • Agir de façon détournée pour compenser le déficit.

Dans le cas de la vision, on prend en compte à cet effet le fait que :

  • Pour voir, on a deux yeux qui peuvent être dotés de puissances optiques différentes, car pouvant chacun présenter des défauts de degrés différents.
  • Le cerveau humain a la capacité étonnante de réagir face aux différentes informations visuelles qui lui sont données pour être analysées.

Le résultat visé se réfère aux différents critères plus ou moins quantifiables, utilisés pour caractériser la qualité de la vision comme, l’acuité visuelle, le champ de vision, la profondeur du champ de vision.

La vision

La lumière émise par un objet entre par la cornée qui la réfracte, traverse l’humeur aqueuse, pénètre par la pupille, arrive au cristallin, passe par le liquide vitré et stimule les photorécepteurs (cônes et bâtonnets) de la rétine pour se transformer en influx nerveux transmis par le nerf optique au cerveau.

Par l’accommodation, le cristallin s’aplatit ou se courbe sous l’action des muscles ciliaires et selon la distance où se trouve l’objet afin que les rayons réfractés arrivent bien sur la rétine. Ainsi, dans son fonctionnement, celui de l’œil est comparable à un appareil photographique où, la rétine fait entrer la lumière (éclairage) et le cristallin est l’objectif qui fait le zoom, la pupille est le diaphragme, et la rétine la pellicule.

Quant au cerveau, s’il y a superposition d’images sur la rétine, il les trie et garde celle qui lui semble la plus nette.

L’acuité visuelle, le champ de vision et la profondeur du champ visuel 

L’acuité visuelle est le pouvoir qu’a l’œil pour distinguer un objet d’un autre qui lui est plus ou moins rapproché. Une échelle de 10 lui est associée et 10/10 définit une bonne vision avec ou sans lunettes. L’acuité visuelle quantifie la zone centrale de la rétine (fovéa) où l’image est la plus nette. Pour la zone périphérique, on utilise plutôt le champ visuel.

Le champ de vision binoculaire est la combinaison des deux champs de vision monoculaire des deux yeux. Ce champ de vision binoculaire correspond à une zone de visibilité d’environ 210 ° et dans la partie où les deux champs se superposent (angle d’environ 112 °), l’objet se perçoit en 3 dimensions.

La profondeur du champ visuel englobe le contour de la zone de netteté de l’image. Elle dépend en général de plusieurs facteurs, entre autres l’ouverture du diaphragme (pupille), la distance de mise au point.

Enfin, la dioptrie est la valeur de la correction à apporter pour compenser une anomalie visuelle. À une acuité visuelle de 10/10 correspond 0 dioptrie. La valeur de la dioptrie est précédée par un signe+ pour le presbyte.

La monovision ou bascule

L’œil dominant et dominé. Naturellement, chaque œil ne voit pas tout à fait de la même façon, il y en a un qui domine, dirige l’axe du regard, et donne l’image d’ensemble. Cet œil s’appelle œil dominant et l’autre dominé. L’œil dominant est en général celui qu’on utilise en visée pour la photo ou pour le tir à l’arc. Il existe des tests simples pour les déterminer et on peut également les distinguer par un essai avec une lentille de contact. Cet état naturel des yeux s’utilise en monovision.

Principe de la monovision

Parti du principe que l’œil légèrement myope (autour de 2 dioptries) voit bien, sans correction, en vision de près, on crée une différence visuelle entre les deux yeux. L’œil dominant fera alors l’objet d’une correction pour la vision de loin et on laisse sur l’œil dominé une myopie de l’ordre de ce qu’on vient de signaler.

La monovision est une technique simple et efficace pour corriger la presbytie. Elle s’utilise avec des lentilles de contact, mais aussi avec les autres procédés de correction de troubles visuels comme les implants et les chirurgies au laser. Ce n’est pas non plus un procédé récent, car depuis une trentaine d’années, elle se pratique avec les implants et depuis vingt ans avec la chirurgie au laser. Par ailleurs, elle nécessite une période d’adaptation de trois semaines, mais peut être d’une année. Elle convient particulièrement aux légers myopes-presbytes de plus de 40 ans et de moins de 55 ans.

Avantages de la monovision

La monovision est un procédé simple qui donne de très bons résultats en presbytie. Il permet au sujet de ne plus dépendre des verres correcteurs. C’est également un procédé sécurisant, car on peut supprimer la myopie créée en cas d’intolérance. Ce sont les principaux avantages offerts par la monovision ou la bascule.

Toutefois, son plus grand inconvénient réside dans la nette différence de vision créée entre les deux yeux à laquelle de nombreuses personnes peuvent ne pas à s’adapter. Cependant, on peut éviter ce problème en faisant un test pendant quelques heures avec des lentilles de contact qui reproduisent la correction à atteindre. Il y a également un risque si on n’a pas bien déterminé l’œil dominant. De la gêne pouvant aller à la fatigue visuelle pour la vision intermédiaire (travail sur écran), des halos autour des lumières, de la diminution de la performance visuelle pour certaines activités complexes (travail en 3D), etc. sont également des problèmes qui peuvent subvenir après l’application de la monovision.

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