La presbytie, un défaut de réfraction lié à l’âge

L’âge de prévalence de la presbytie commence aux alentours de 43, 46 ans. Le presbyte est reconnaissable à sa tendance à instaurer une certaine distance entre l’œil et l’ouvrage. Ce geste leur permet d’avoir une vision nette de près. Il s’agit d’une affection causée par la perte d’élasticité du cristallin, réduisant le pouvoir d’accommodation de l’œil. C’est l’œil qui nous permet de vivre en harmonie avec tout ce qui nous entoure. Il est incontournable pour notre épanouissement et réussir tout ce que nous entreprenons. C’est pourquoi il s’avère important de le préserver de toutes les agressions, troubles, maladies susceptibles de l’atteindre.

Et si des anomalies congénitales se révèlent à la naissance, des mesures doivent être prises sans tarder. Toutefois, comme c’est un organe, il vieillit et il arrive le moment où malgré tous les efforts apportés, l’œil ne peut plus assumer pleinement son rôle et notre vision va décliner petit à petit. Ce défaut visuel, acquis avec l’âge, par lequel tout le monde sera marqué à partir de 45 ans, même avant, est la presbytie. C’est ainsi que ce trouble affecte plus de 700 000 Français par ans, nombre qui s’ajoute au nombre de presbytes de l’année précédente. Heureusement qu’actuellement on peut atténuer ses effets grâce aux techniques disponibles auxquelles des améliorations incessantes sont apportées.

Le fonctionnement de l’œil

Les principaux éléments du système de vision

Pour voir l’œil, dispose de trois éléments principaux :

  • La cornée qui fait entrer la lumière reflétée par un objet et fait converger celle-ci par sa vergence assumant les 2/3 de la puissance optique de l’œil.
  • Le cristallin, dont la puissance optique s’ajoute à celle de la cornée pour faire converger l’image sur la rétine, quelle que soit la distance où l’objet se situe. Pour cela, l’accommodation dont le rôle est confié au cristallin entre en jeu.
  • La rétine jouant le rôle de film photographique tapisse le fond de l’œil et est reliée au cerveau par le nerf optique. L’objet est perçu net si et seulement si, son image est focalisée en un point de la rétine, elle le sera plus encore (couleurs, détails, image en trois dimensions) au centre de celle-ci.

L’accommodation

L’accommodation est la capacité du cristallin de rapporter l’image d’un objet toujours sur la rétine qu’il se trouve proche ou loin de l’œil. Cela est possible grâce à son élasticité permettant aux muscles ciliaires de changer au besoin, la courbure de sa face antérieure. À cet effet, la face antérieure doit se cambrer si l’objet est proche et s’aplatir plus qu’elle ne l’est au repos, si l’objet est éloigné. L’augmentation de la courbure demande la contraction des muscles et l’aplatissement, leur relâchement.

Le cristallin doit donc fournir des efforts permanents pendant l’accommodation. Et en toute évidence c’est plus dur de se contracter que de se relâcher. Cet effort devient de plus en plus difficile si le cristallin devient de moins en moins souple. Or c’est, ce qui se passe quand l’âge avance. Ainsi, le pouvoir d’accommodation du cristallin, acquis depuis la naissance et se développant parallèlement à la croissance de l’œil, diminue en vieillissant. Il disparait complètement à un certain âge.

La presbytie due à l’âge : comment se manifeste-t-elle ?

La presbytie est donc une gêne visuelle qui se caractérise par la diminution progressive de la vision de près suivie plus tard par celle de loin. Elle apparaît en général autour de 45 ans, évolue jusqu’à 55 ans pour se stabiliser au-delà de 60 ans où le pouvoir d’accommodation disparait.

La presbytie est donc une anomalie visuelle liée à la vieillesse, mais certains facteurs peuvent précipiter son apparition. Ce sont entre autres, des maladies chroniques comme le diabète ou l’hypertension artérielle. A part cela, il y a aussi la prise sur une longue période de certains sédatifs, le développement de certains problèmes oculaires non corrigés (myopie).

Les premiers signes se traduisent par le besoin d’allonger le bras pour lire, la difficulté à déchiffrer les petits caractères surtout en éclairage insuffisant. Tout cela s’accompagne à la longue de stress, de maux de tête, de la rougeur des yeux.

On ne peut pas prévenir la presbytie. Néanmoins,  le fait de consulter l’ophtalmologue à partir de la quarantaine, de traiter les maladies chroniques générales ou oculaires contribuent à éviter son installation précoce. De même, ne pas trop s’exposer à la lumière artificielle diminue également ses effets (fatigue visuelle).

La presbytie due à l’âge : correction

Étant un défaut de réfraction dû à l’âge, on peut améliorer la presbytie lié à l’âge au moyen des lunettes et des lentilles de contact. D’autre part, la chirurgie constitue une solution radicale.

Par ailleurs l’évolution de la presbytie est prévisible ce qui permet à sa correction de l’être également. Son évolution est rapide entre 45 et 50 ans. Plus précisément la compensation à faire par la correction est par exemple de 0,5 dioptrie à 45 ans pour atteindre 2,5 dioptries à 50 ans pour rester à 3 dioptries à 60 ans. De ce fait, entre 45 et 55 ans le changement de lunettes ou de lentilles de contact est fréquent.

Lunettes et lentilles de contact

Les lunettes et les lentilles corrigent depuis toujours et avec efficacité la presbytie. De plus, ce sont actuellement des modèles confortables et légers avec des verres aplatis, mais non plus des loupes inesthétiques.

Les verres correcteurs pour presbytes doivent corriger la vision de près et la vision de loin. C’est pourquoi pour :

  • Les lunettes, il y a des lunettes à verres unifocaux. Une paire pour la vision de près et une autre pour la vision de loin. Ces types de verres correcteurs ont une puissance identique sur toute la surface. Il y a également les lunettes multifocales (à deux ou trois foyers) où il y a sur le verre une nette démarcation pour chaque focale. Les démarcations sont de loin, de près ou intermédiaire. Ce qui rend son port inconfortable. Si le premier type reste encore très courant pour les enfants, les lunettes à verres à verres progressifs supplantent graduellement les multifocaux. Ces derniers permettent un passage en douceur, car naturelle pour aller de la vision de près pour celle de loin ou intermédiaire.
  • Les lentilles très prisées par les femmes, car elles sont discrètes sont à verres conçus sur le même principe que ceux des lunettes. Pour elles aussi, ce sont les lentilles à verres progressifs qui sont les plus utilisées par les presbytes.

La chirurgie

La chirurgie de la presbytie, comme celle des autres troubles visuels est devenue actuellement un acte courant. Il n’est pas pour autant banal, car le risque zéro n’existe pas. Avec un temps de recul très significatif, les techniques chirurgicales assurent plus de sécurité. Elles sont par ailleurs plus performants et s’accompagnent de risques minimes. Elles sont aussi pratiquement prévisibles en cas de rectification nécessaire.

Comme pour les solutions optiques, elles reposent essentiellement sur la multifocalité. La technique ancienne de monovision ou bascule reste toujours d’actualité. Il s’agit de privilégier un œil pour la vision de près un autre pour la vision de loin.

Pour un défaut visuel moins important, le clinicien va proposer le Presbylasik au patient. C’est une chirurgie réfractive de la cornée dont le remodelage de la cornée au laser se base sur le principe de multifocalité. Cette technique a beaucoup évolué pour donner des techniques plus modernes et plus performantes à l’exemple du Supracor.

Pour un défaut plus important, le presbyte candidat à la chirurgie peut opter pour la pose d’implant visant à suppléer au cristallin (implant phake multifocal) ou le remplacer totalement (implant aphake multifocal). On privilégie la première option (laisser le cristallin en place) quand un pouvoir d’accommodation, même réduit, subsiste dans l’œil.

Fermer le menu