Le traitement de la presbytie par la pose d’implant multifocal

La presbytie se traite de différentes manières : la pose d’implant multifocal, l’Intracor etc… D’autre part, l’Inlay Kamra permet de la compenser. La presbytie, un phénomène universel dû à l’âge se traduit par la perte progressive du pouvoir d’accommodation du cristallin. Celui-ci, en plus de sa contribution à la puissance optique de l’œil, est un organe ayant la forme d’une lentille biconvexe et a deux particularités intrinsèques, sa transparence et son élasticité. Quand le cristallin perd de sa transparence et s’opacifie progressivement, c’est que la cataracte s’installe petit à petit dans l’œil.

En revanche, quand il perd de son élasticité et n’arrive plus à se courber comme il faut, la vision de près commence à baisser et c’est la presbytie. Ce trouble touchant tout individu dépassant la quarantaine se corrige très bien avec des lunettes et des lentilles de contact à verres progressifs. Toutefois, une fois installée, la presbytie progresse à mesure que l’âge avance et les lunettes sont à remplacer tous les 2 à 3 ans. C’est ainsi que, les chercheurs et les spécialistes du domaine, pour pallier ce problème, met à la disposition des presbytes des solutions plus radicales et de plus en plus performantes : la chirurgie. Parmi les nombreuses techniques multifocales existantes, les implants multifocaux sont sans doute ceux qui sont les plus durables, qui assurent une meilleure qualité de vie aux seniors et qui permettent, le plus d’indépendance aux lunettes.

L’opération de la cataracte, la multifocalité

La pose d’implant

L’opération consiste à pratiquer une incision de 2 à 3 mm dans la cornée, à fragmenter le cristallin par ultrasons et à aspirer les débris par phaco émulsification. On introduit ensuite l’implant dans la capsule postérieure que l’on laisse en place. L’acte chirurgical s’achève par des points de suture pour refermer l’incision. Pour la précision des gestes, l’opération se fait sous microscope opératoire.

Les implants traditionnels utilisés lors de l’opération de la cataracte sont monofocaux, le patient porte des lunettes pour la vision de près.

Actuellement, l’implant utilisé est un implant souple protégeant la rétine des UV et de la lumière bleue. Ce type d’implant est pliable, tout comme il est possible de facilement l’injecter dans l’œil sans avoir à élargir l’ouverture de l’incision. Depuis 2012, on utilise le laser femtoseconde pour réaliser l’incision, fragmenter le cristallin, découper la capsule antérieure, etc. Cet outil augmente la précision des actes, permet une ouverture réduite (2 mm au plus), ne nécessitant pas ainsi de suture, mais son utilisation reste chère et comporte des risques.

La multifocalité

La multifocalité consiste à créer sur une lentille, un tissu ou un implant deux zones de corrections au moins, pour la vision de loin ou la vision de plus. Elle se repose sur le partage de lumière. Sur le plan qualité de vision et contraste, un système monofocal permet une vision de près ou de loin (séparément) plus nette qu’un système multifocal (bifocal, trifocal ou progressif), mais ce dernier est plus confortable. Par ailleurs, si deux informations visuelles différentes arrivent au cerveau, celui-ci neutralise celle dont on n’a pas besoin. Il faut donc un temps d’adaptation au cerveau pour une personne équipée d’une correction multifocale et c’est ce délai qui conditionne la réussite ou non du procédé.

L’implant multifocal pour corriger la presbytie

L’opération

Le déroulement de l’opération est le même que pour l’opération de la cataracte et se réalise actuellement avec des outils améliorés et récents. L’opération est pratiquement indolore. Elle se fait en ambulatoire en une vingtaine de minutes, avec quelques gouttes d’anesthésiant. Les implants dernières générations (pratiqués depuis un an et demi) donnent une vision de près et de loin très bonnes et une vision intermédiaire (autour de 1,5 m) pas très nette, mais acceptable. L’opération des deux yeux doit se faire entre 10 et 15 jours.

Presbytie et implant multifocal : les différents implants multifocaux

Les implants multifocaux sont conçus selon le besoin des patients et sachant que la distance nécessaire pour lire un livre est autour de 40 cm et 70 cm pour consulter les écrans d’ordinateur. Ils sont tous en acrylique souple, présentent des focales différentes à la surface, conviennent aux caractéristiques des yeux du patient et assurent tous une bonne vision de loin.

Ainsi, selon la conception optique, la lumière réfractée est séparée par l’implant soit, vers deux foyers principaux, un pour la vision de loin, un pour la vision de plus (implants bifocaux) ou un troisième pour la vision intermédiaire (implants trifocaux). Il y a également les implants multifocaux progressifs qui, avec des zones concentriques gravées sur la surface, permettent de passer à la fois à la vision de près, de loin et intermédiaire. Depuis peu, des implants quadri focaux sont proposés aux patients.

Les indications pour la pose d’implants multifocaux

La pose d’implant nécessite un examen pré-opératoire rigoureux. Le patient se proposant à ce type d’opération doit :

  • Être réaliste et ne pas exiger une vision parfaite et être conscient de la gêne qui peut être sentie après l’opération (diminution de contraste, halos autour des sources de lumière la nuit).
  • Ne pas présenter un astigmatisme fort, auquel cas un autre type d’implant est prévu (implant torique).
  • Ne pas être affecté de myopie forte.
  • Présenter une cornée et une rétine saines ainsi qu’une fonction visuelle stable.
  • Avoir plus de 60 ans, c’est-à-dire quand l’accommodation a disparu. En effet, l’implant permet d’éviter une opération de la cataracte qui peut apparaître plus tard et la vision excellente de près qu’il procure aux deux yeux est définitive.
  • Être prêt à payer la majeure partie du coût de l’opération, car il n’y a pas de remboursement par la Sécurité Sociale sauf s’il y a cataracte.
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